En Belgique, plus d’un million de personnes soutiennent quotidiennement un proche en situation de maladie, de handicap ou de perte d’autonomie. Cet engagement, souvent exercé dans l’ombre, est indispensable au maintien à domicile, à la cohésion sociale et à l’équilibre de notre système de soins. Sans les aidants proches, une partie de notre modèle social ne tiendrait tout simplement pas.
Pourtant, malgré leur rôle essentiel, les aidants proches restent insuffisamment reconnus et protégés. Beaucoup voient leur vie professionnelle fragilisée, leurs revenus diminuer et leur santé mise à rude épreuve, sans que cette réalité ne soit pleinement prise en compte par les politiques publiques.
Des mesures concrètes et urgentes pour les aidants proches
« Les aidants proches ne demandent pas des privilèges. Ils demandent que la réalité de leur engagement soit pleinement reconnue et prise en compte de manière cohérente dans nos politiques publiques », souligne Anne Pirson, députée fédérale Les Engagés.
La résolution appelle d’abord à des mesures immédiates et concrètes pour éviter la précarisation et l’épuisement des aidants proches :
- Une meilleure prise en compte de leur réalité dans les politiques de l’emploi et d’activation ;
- Etudier la possibilité d’éviter des exclusions ou sanctions automatiques lorsque la situation d’aidance limite objectivement la disponibilité ;
- Davantage de flexibilité au travail (temps partiel choisi, horaires adaptés, télétravail) ;
- Une simplification administrative pour faciliter l’accès aux droits existants ;
- Un renforcement du soutien à la santé physique et mentale des aidants proches ;
- Et une attention particulière aux parents d’enfants en situation de handicap, dont l’aide s’inscrit souvent dans la durée.
Au-delà des mesures urgentes, la résolution affirme la nécessité de mettre en place un statut légal clair au sein du droit social fédéral, distinct de la branche chômage.
L’objectif est de sortir les aidants proches d’une logique de traitement par défaut et de leur donner une existence juridique reconnue, permettant une meilleure articulation entre emploi, sécurité sociale, pensions et santé.
Cette initiative s’inscrit dans la continuité des combats portés par Les Engagés, tant au niveau du Parlement que du Gouvernement fédéral, pour une société plus juste et plus attentive aux réalités humaines.
Elle est pleinement cohérente avec les engagements de l’accord de gouvernement et avec les investissements récents en matière de cohésion sociale et de lutte contre la précarité pour lesquels les Engagés se sont battus.
Le chômage n’est pas la bonne réponse aux situations d’aidance durable
Les Engagés rappellent que le chômage est un revenu de remplacement fondé sur la disponibilité pour le marché du travail. Il ne peut, par nature, constituer une réponse structurelle aux situations d’aidance durable, qui résultent d’une contrainte objective et socialement utile.
« Les aidants proches ne sont ni inactifs ni désengagés. Leur indisponibilité partielle ou durable pour l’emploi découle d’un engagement indispensable à la société », insiste Anne Pirson.
Une approche coordonnée et responsable
La résolution invite enfin le gouvernement à élaborer un plan interfédéral en faveur des aidants proches, en concertation avec les entités fédérées, afin d’assurer une reconnaissance cohérente de leur statut et une coordination efficace entre les différentes politiques concernées.
« Reconnaître les aidants proches, c’est renforcer notre modèle social et prévenir des injustices évitables. C’est un choix de responsabilité et d’humanité », concluent les députées.