Bruxelles : victime de postures politiques

La « mode » politique privilégie les postures radicales, au détriment de l’action… L’échec de Bruxelles en est le symbole cuisant.

Face aux nouvelles exigences de l’Open VLD (Anders) et au refus du ministre du Budget de participer aux négociations visant à mettre en place les réformes pourtant indispensables pour relever Bruxelles et la doter d’un budget crédible, nous devons acter que les conditions de la réussite de notre initiative ne sont pas présentes. Après 19 mois de rendez-vous manqués, de tabous et de vetos, c’est l’existence même de la Région qui est en péril.

Notre responsabilité a été d’explorer toutes les voies possibles

Après 18 mois, constatant l’impossibilité de réaliser une majorité avec le MR (que ce soit avec le PS ou avec Ecolo-Défi), nous avons pris nos responsabilités et avons exploré la seule piste qui n’avait pas encore été essayée pour sortir Bruxelles de l’ornière et la doter d’un gouvernement de plein exercice.

Cette majorité n’était pas notre premier choix mais, face à l’impasse, nous devions tout tenter et faire primer l’intérêt des Bruxelloises et Bruxellois sur les accords entre partis ou nos préférences. C’est pourquoi, au cours des dernières semaines, nous avons :

  1. Défini un cadre budgétaire plus ambitieux que lors des précédentes tentatives de négociations en proposant de ramener le déficit prévisionnel 2029 à -248 millions d’EUR (soit une amélioration de 1,4 milliards d’euros vs déficit à politiques constantes !).
  2. Construit, en collaboration avec toutes les parties-prenantes, un plan d’action solide et concret articulé autour de 14 chantiers prioritaires et 65 réformes concrètes ou décisions clés à prendre en 2026, pour relancer la Région.
  3. Obtenu que le CD&V accepte, pour la première fois depuis 19 mois, de soutenir le gouvernement sans exiger le moindre poste, permettant ainsi d’envisager une double majorité sans devoir créer de postes supplémentaires et d’avancer concrètement et rapidement.

Nouvelles exigences irréalistes

Après 19 mois et malgré les 2 milliards d’euros de dette que cette crise sans précédent a généré sur la tête des Bruxelloises et Bruxellois, je dois constater que de nouvelles exigences rendent impossible la formation d’une majorité.

En effet, maintenant que nous avons trouvé la solution pour pouvoir installer un gouvernement avec un majorité néerlandophone et pour diminuer le déficit de plus d’1 milliard d’euros comme cela était attendu, l’Open VLD (Anders) invoque une nouvelle raison pour ne pas venir s’asseoir à la table des négociations, ne fût-ce que par l’intermédiaire de son ministre du budget : il exige le retour à l’équilibre budgétaire dès 2029.

« Je regrette sincèrement qu’un parti préfère privilégier un symbole, qui n’est demandé ni par l’Union européenne ni par les agences de notation, à la possibilité de chercher un compromis réaliste.

Je n’ai pas une grande expérience politique mais mon passé m’a appris que le plus important pour les banques et pour les citoyens n’est pas le chiffre que l’on pourrait mettre dans le fichier Excel du budget 2029 mais la crédibilité de ceux qui l’annoncent. Le précédent gouvernement, entre autres avec l’Open-VLD, avait annoncé le retour à l’équilibre en 2024… » souligne notre président Yvan Verougstraete.

C’est pourquoi, plutôt que de se cacher derrière des postures qui, bloquant tout, nous mèneront vers un résultat catastrophique, nous proposions à nos partenaires de s’engager sur des réformes bien concrètes, à réaliser à très court-terme, afin de prouver que l’on est capable de relancer Bruxelles.

Aujourd’hui, l’Open-VLD (Anders) et tous ceux qui se focalisent sur les projections de budget 2029, plutôt que de se mettre au travail pour lancer les réformes qui le crédibilisent, font de la politique-politicienne plutôt que de s’occuper de l’avenir des citoyens.

La Région Bruxelloise prise en otage

Nous comprenons la colère des Bruxelloises et Bruxellois et tenons à leur dire que nous partageons leur frustration. Notre Région a besoin de solutions, pas de vetos.

Plutôt que de se demander si l’une ou l’autre posture est électoralement porteuse auprès de sa communauté, ou de se demander quelle est ma coalition « préférée », la seule question que chacun devrait se poser est : « que puis-je faire pour sauver la Région et travailler dans l’intérêt de ses habitants ? »

A force de voir chacun exiger son « idéal », c’est toute amélioration possible qui disparaît.

Les Engagés restent, malgré tout, disponibles pour toute solution

Comme nous le disons depuis le premier jour, notre seule boussole reste l’intérêt des citoyens. C’est pour cette raison que nous le répètons une fois de plus : nous restons disponibles pour toute initiative qui permettrait de trouver une solution.

Bruxelles a besoin d’une majorité et de se réformer. Nous serons toujours à la disposition de ceux qui sont prêts à construire un projet sérieux et ambitieux ou qui veulent réfléchir aux réformes à prendre pour résoudre ce problème.

Enfin, nous tenons à remercier toutes les équipes des Engagés, mais aussi de tous nos partenaires, qui ont travaillé sans relâche pour construire un projet ambitieux et sérieux.

Merci pour vos efforts et votre implication !