« Il est impensable que je soutienne un tel accord qui n’a pour but que de mettre l’Europe à genou »
Ce jeudi, le Parlement européen est appelé à se prononcer sur les éléments clés de l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis.
« Depuis le début, j’ai dénoncé un accord profondément déséquilibré, qui tourne le dos à l’esprit même du commerce équitable. Un accord où l’Europe ouvre largement son marché, pendant que les États-Unis conservent des barrières significatives. Un accord qui ressemble moins à un partenariat qu’à une concession.
Soyons lucides : cet accord n’est pas le fruit d’une relation de confiance, mais d’un rapport de force défavorable. Je voterai NON » annonce l’Eurodéputé et Président des Engagés Yvan Verougstraete.
Des avancées notables certes
« Des améliorations importantes ont été obtenues grâce au Parlement européen. L’introduction d’une “sunrise clause” qui garantit que l’accord ne pourra pas entrer en vigueur tant que les États-Unis ne respectent pas leurs engagements. De même, le fait de limiter cet accord dans le temps, avec une échéance fixée au plus tard à décembre 2028, va dans le bon sens.
Ces garde-fous représentent de sérieuses avancées qu’il faut saluer ; d’autant qu’au sein de l’hémicycle, les droites jusqu’à leur extrémité sont plutôt favorables au traité et que l’on compte en leurs rangs quelques trumpistes décomplexés. »
mais une Europe prête à s’agenouiller
« Mais ajouter des freins à un mauvais accord ne le transforme pas en bon accord » tempère Yvan Verougstraete.
« L’accord reste, malgré tout, terriblement déséquilibré. De plus, les clauses de sauvegarde ne peuvent être activées que par la Commission européenne et madame von der Leyen. Aux vues de ses prises de position politiques et commerciales depuis le début du mandat, on a connu plus sécurisant… »
« En outre, avec Donald Trump, un accord n’est jamais un partenariat, c’est un rapport de domination. Aussi longtemps qu’on refusera de lui résister, il (s’) imposera. Soyons clairs : derrière cet accord, il y a une logique assumée, faire s’agenouiller l’Europe. »
« Certains prétendent qu’il faut signer pour instaurer de la stabilité »
D’abord la stabilité dans la défaite ne peut être l’objectif. Ensuite, qui croit encore en la stabilité américaine aujourd’hui. Dans les faits, le Président américain crée de l’instabilité en permanence, remet en cause les règles du commerce international et de droit international, tout en multipliant les intimidations et les menaces contre les Européens. »
« Jamais depuis son arrivée au pouvoir, Donald Trump n’a respecté un accord… » « Et dépendre totalement de la Commission européenne pour ce qui est de l’activation de la clause de sauvegarde, c’est beaucoup demander… »
Conclusion : ce sera NON
« On ne construit pas une politique commerciale solide sur des promesses fragiles et un partenaire imprévisible. Soyons clairs : en l’état, l’Europe ne peut absolument pas faire confiance au président américain.
Il est impensable que je soutienne un accord bricolé déséquilibré, et soumis sous la menace. Pour moi, ce sera NON.
L’Europe doit redevenir une puissance commerciale qui fixe ses conditions, qui protège ses intérêts, ses normes et qui ne cède pas à l’instabilité venue d’ailleurs. Elle le doit à ses citoyens » conclut l’Eurodéputé et Président des Engagés Yvan Verougstraete.