Dès son arrivée à la tribune, le ton est donné. « Il y a des moments, dans la vie d’un parlement, où la chose la plus courageuse n’est pas de crier le plus fort. C’est de tenir bon quand tout vous pousse à crier. Ce matin est l’un de ces moments. »
D’emblée, elle a levé toute ambiguïté : « Je ne suis pas ici pour défendre, mordicus, Jacqueline Galant. Que ce soit clair. Je le dis sans détour : les propos tenus à Walhain sont outranciers. Ils sont insultants pour les journalistes concernés et particulièrement pour la présidente du CA de la RTBF.» Ils ont d’ailleurs été condamnés fermement, clairement, sans complaisance par nos élus. « Affaiblir la réputation ou la confiance envers un média de service public par des propos irresponsables constitue un danger démocratique » a-t-elle insisté.
« Une condamnation ferme n’oblige pas à l’escalade permanente ». La motion de confiance soumise au vote réaffirme noir sur blanc les principes fondamentaux : liberté de la presse, indépendance éditoriale, objectivité, respect des normes nationales et européennes, déontologie ministérielle et injonction au gouvernement de continuer à réaffirmer publiquement ces principes. Un texte qui, pour Les Engagés, prend explicitement le contre-pied des déclarations incriminées.
Pour notre cheffe de groupe, la réponse d’un Parlement doit être « claire, proportionnée et digne du rôle qu’il incarne ». Voter une motion de méfiance pour des propos tenus reviendrait à franchir un seuil politique majeur. « La proportionnalité est une vertu, pas une lâcheté », a-t-elle martelé.
Au cœur des débats, il a été affirmé que la ministre entendait “utiliser” les nominations pour influer sur la ligne éditoriale de la RTBF. Cependant, ce mot n’a pas été prononcé. « Ce qu’elle a dit, c’est qu’elle “espérait” que la ligne éditoriale changerait. Espérer. Le mot est là. Il est contestable, il est critiquable, il est pour nous inacceptable dans la bouche d’une ministre de tutelle. Mais ce n’est pas “utiliser” qui a été prononcé. Et dans une démocratie, les mots ont un sens. » a rappelé notre cheffe de groupe.
Entre une espérance maladroite et une ingérence avérée, une frontière existe. À ce stade, aucun organe compétent n’a établi qu’elle aurait été franchie. Refusant les comparaisons excessives et les métaphores alarmistes, nos députés ont dénoncé les tentations de « feuilletonner » la polémique et d’installer un scandale permanent.
Pour autant, le message adressé au gouvernement est limpide :vigilance absolue sur les prochaines nominations à la RTBF et sur le futur contrat de gestion. « C’est là que se joue la réalité. C’est là que nous serons présents, vigilants, exigeants. » Les Engagés affirment qu’ils ne seront « jamais les complices d’une guerre culturelle importée » ni les alliés d’une rhétorique visant à disqualifier les journalistes ou à ériger un média public en « ennemi intérieur ».
Le vote de confiance, finalement accordé, s’inscrit donc dans une logique de responsabilité politique. Le gouvernement est engagé dans un redressement budgétaire et des réformes structurelles jugées indispensables pour préserver les missions fondamentales d’enseignement, de culture et de service public.
« Votons-nous sur des propos ? Ou votons-nous sur des politiques ? » a interrogé notre cheffe de groupe.
En soutenant la confiance, Les Engagés n’entendent ni minimiser ni relativiser la gravité des paroles prononcées. Ils entendent affirmer qu’un Parlement doit rester « le lieu du droit, pas celui de la vengeance politique ».
« Nous avons été fermes. Nous restons vigilants. Nous serons là à chaque étape », a conclu Mathilde Vandorpe, avant d’appeler à voter la confiance « parce que cette Fédération a besoin d’un gouvernement qui travaille, pas d’une polémique tirée en longueur ».
« Nous avons été fermes. Nous restons vigilants. Nous serons là à chaque étape »