Une Europe qui doit s’affirmer
L’escalade ne s’arrête pas là. En réaction au déploiement de troupes européennes au Groenland, Donald Trump a menacé de surtaxes douanières les pays européens qui s’immiscent dans la cause groenlandaise. Ce à quoi le Parlement européen a répondu en décidant de suspende le processus de ratification de l’accord commercial entre l’UE et les Etats-Unis, qui avait été trouvé cet été.
Notre président et eurodéputé Yvan Verougstraete a réagi de son côté en rappelant que cette attitude du président Étatsunien était « tout sauf une surprise », pointant la vision court-termisme de l’Europe face au « Bully » américain :
« Le péché originel est dans la réaction européenne aux premières attaques, une réaction en dessous de tout, trop prudente, trop lente, trop faible. Pour préserver quelques intérêts de court terme, l’Europe a accepté de se laisser écraser sans réagir. Nous l’avons dit dès le départ. Nous avions lancé la campagne StopTheBully et prévenu que Trump n’arrêterait pas. La Commission n’a pas voulu entendre.
L’Europe a accepté de se laisser écraser sans réagir.
En business, quand la gangrène s’installe, il faut parfois accepter quelques sacrifices pour sauver le reste. En politique commerciale, c’est pareil. Tant que Donald Trump sera convaincu qu’il peut faire du chantage sans réaction, il continuera à en abuser. Aujourd’hui, l’Union européenne parle d’une spirale dangereuse des relations transatlantiques. Cette spirale, nous l’avons laissée s’installer. Et nous en payons désormais le prix.
Le seul moyen de la casser, c’est une réaction forte, unie et assumée. C’est une responsabilité historique. L’avenir de l’Europe se joue ici. Arrêtons d’avoir peur. Face à ce type d’adversaire, la paix ne s’obtient pas par la naïveté, mais par le rapport de force. »
Depuis Davos, notre ministre des Affaires étrangères, Maxime Prévot, a également réagi en appelant à la désescalade :
« Au-delà de l’état de sidération de ce que nous sommes en train de vivre, et qui doit finalement faire rire uniquement les Chinois et les Russes, avec d’autres ministres des Affaires étrangères nous avons la volonté de mettre la diplomatie en action. Parce que, qu’on le veuille ou non, c’est le dialogue qui permettra d’obtenir une solution. Mais parallèlement, on prépare aussi une batterie de mesures de réactions potentielles. L’enjeu étant de montrer que nous avons aussi des outils qui seraient susceptibles de contrarier les États-Unis pour pouvoir alors entraîner une désescalade et, on l’espère, un retour à la raison. »
L’enjeu étant de montrer que nous avons aussi des outils qui seraient susceptibles de contrarier les États-Unis pour pouvoir alors entraîner une désescalade et, on l’espère, un retour à la raison.