Hautes Fagnes : notre Mouvement demande que la Belgique fasse appel au Fonds européen de solidarité

Face à l’ampleur des dégâts provoqués par l’incendie dans les Hautes Fagnes, notre Mouvement demande au Gouvernement belge d’introduire au plus tôt une demande auprès du Fonds
de solidarité de l’Union européenne (FSUE). La Belgique a déjà bénéficié de cet instrument après les inondations de 2021.

Les images des derniers jours dans les Hautes Fagnes sont douloureuses. Derrière les hectares de végétation détruits, c’est un patrimoine naturel exceptionnel qui est touché, mais aussi tout un territoire et celles et ceux qui le font vivre. Les services de secours, les autorités locales et les équipes mobilisées sur le terrain font face depuis plusieurs jours à une situation particulièrement difficile.

Alors que la priorité reste de maîtriser complètement l’incendie et d’assurer la sécurité des populations et des intervenants, nous estimons qu’il faut dès à présent préparer la suite et mobiliser tous les moyens disponibles pour accompagner la remise en état du territoire.

« L’Europe est déjà aux côtés de la Belgique dans cette épreuve. Des avions, des hélicoptères et des moyens venus de plusieurs pays européens sont actuellement mobilisés dans les Hautes Fagnes, et où le mécanisme européen de protection civile joue pleinement son rôle. Cette solidarité européenne est concrète et elle fonctionne. Nous devons maintenant nous préparer à la suite et demander que la Belgique puisse également bénéficier, si les conditions sont réunies, du Fonds européen de solidarité pour contribuer à la remise en état des zones sinistrées », déclare notre président et député européen, Yvan Verougstraete.

L’Europe déjà mobilisée aux côtés de la Belgique

À la demande de la Belgique, le Mécanisme européen de protection civile a déjà été activé pour renforcer les moyens engagés contre l’incendie. Deux avions de la flotte européenne rescEU sont arrivés de Suède, tandis que des hélicoptères des Pays-Bas, de Norvège et d’Allemagne sont venus en soutien des pompiers belges. Le dispositif européen fournit également des cartographies satellitaires via le programme Copernicus afin d’aider les autorités à suivre l’évolution de la zone sinistrée et à organiser les opérations.

Pour Les Engagés, cette mobilisation illustre concrètement ce que la solidarité européenne peut apporter lorsqu’un État membre est confronté à une catastrophe majeure.

« Il y a une continuité entre l’aide d’urgence et l’aide à la reconstruction. Aujourd’hui, l’Europe aide la Belgique à combattre l’incendie. Demain, elle doit aussi pouvoir l’aider à réparer les dégâts et à restaurer les zones touchées. C’est précisément le rôle du Fonds de solidarité », souligne notre président.

Un Fonds européen pour accompagner la remise en état

« Le Fonds de solidarité de l’Union européenne est le principal instrument européen permettant d’apporter une aide financière aux États membres confrontés à des catastrophes naturelles majeures. Il peut notamment intervenir à la suite d’incendies de forêt, d’inondations, de tempêtes, de séismes ou de sécheresses. »

Son intervention prend la forme d’une subvention destinée notamment à contribuer aux dépenses d’urgence et de remise en état liées à des dégâts qui ne sont, en principe, pas assurables. Parmi les dépenses pouvant être couvertes figurent notamment le nettoyage des zones sinistrées, y compris les zones naturelles, la remise en état d’infrastructures essentielles, les mesures provisoires d’hébergement ainsi que certains services de secours et de protection de la population.

« Nous ne savons pas encore quelle sera l’ampleur définitive des dégâts, et il serait prématuré de vouloir en établir aujourd’hui le bilan complet alors que les opérations se poursuivent. Mais il faut préparer cette évaluation au plus tôt, dès que les conditions le permettront, afin que la Belgique puisse introduire sa demande dans les délais prévus par le mécanisme européen. »

La Belgique a déjà bénéficié de cet instrument

« Ce soutien européen n’est pas théorique pour la Belgique. À la suite des inondations dévastatrices de juillet 2021, notre pays avait obtenu 87,7 millions d’euros du Fonds de solidarité de l’Union européenne pour contribuer aux opérations d’urgence et de reconstruction. »

« La procédure prévoit qu’un État membre touché par une catastrophe naturelle introduise sa demande auprès de la Commission européenne dans un délai de 12 semaines à compter de la catastrophe. » La Commission évalue ensuite les dégâts et propose, le cas échéant, le montant de
l’aide à mobiliser. Celui-ci doit ensuite être approuvé dans le cadre de la procédure budgétaire européenne.

Nous demandons donc au Gouvernement belge de préparer, en coordination avec les autorités wallonnes et locales, le dossier permettant d’introduire au plus tôt une demande auprès du Fonds de solidarité européen, une fois l’ampleur des dégâts suffisamment documentée.

Tirer les leçons pour mieux se préparer

Au-delà de la gestion de l’urgence et de la reconstruction, ce drame devra également conduire à tirer les leçons nécessaires.

« Une fois l’urgence passée, nous devrons prendre le temps de tirer collectivement les enseignements de ce drame : en matière de prévention, de gestion des risques, de moyens disponibles pour lutter contre les incendies et d’adaptation de nos territoires à des événements climatiques extrêmes qui deviennent plus fréquents. Mais aujourd’hui, notre priorité reste claire : protéger les personnes, soutenir les équipes sur le terrain et préserver autant que possible ce patrimoine naturel exceptionnel », conclut Yvan Verougstraete.