Licenciement collectif chez GSK : Les Engagés demandent la mise en place d’une task force interfédérale

À la suite de l’annonce d’un vaste plan de restructuration chez GSK, qui menace 1.217 emplois en Belgique, Les Engagés demandent la mise en place rapide d’une task force interfédérale autour de trois priorités : minimiser les pertes d’emplois, accompagner les travailleurs et redéployer les activités industrielles. Nous souhaitons également mobiliser le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM), comme nous l’avions demandé et obtenu pour les travailleurs de Cora.

L’entreprise pharmaceutique GSK a confirmé ce mercredi l’ouverture de la procédure Renault et présenté aux organisations syndicales un plan de réduction de ses effectifs. Au total, 1.217 postes sont menacés parmi les employés et les cadres. Une annonce particulièrement préoccupante pour les travailleurs, leurs familles et l’ensemble du tissu économique qui dépend de ces activités. Les Engagés appellent à une mobilisation immédiate de l’ensemble des niveaux de pouvoir. Premier employeur privé de Wallonie, GSK constitue un pilier de l’économie wallonne et de notre industrie pharmaceutique.

Les négociations sociales vont désormais s’engager. Pour Les Engagés, la priorité absolue doit être de réduire autant que possible le nombre de licenciements et de garantir un accompagnement digne et efficace aux travailleurs concernés.

« Notre première responsabilité est de protéger les travailleurs concernés. Mais nous devons aussi regarder au-delà de GSK : c’est l’ensemble de notre industrie pharmaceutique qui est sous pression. Nous devons agir à la fois sur l’urgence sociale et sur l’avenir industriel de notre pays et de l’Europe », affirme Yvan Verougstraete, président des Engagés et député européen.

Une task force interfédérale autour de trois priorités

Les Engagés demandent la création rapide d’une task force associant les autorités fédérales et régionales, les partenaires sociaux et la direction de GSK, avec trois missions concrètes : minimiser, accompagner et redéployer.

  1. MINIMISER les pertes d’emplois. Tout mettre en œuvre pour réduire le nombre de licenciements, examiner les possibilités de maintien des activités et limiter les conséquences de la restructuration sur les sous-traitants et l’ensemble de l’écosystème pharmaceutique.
  2. ACCOMPAGNER les travailleurs et les transitions du secteur. Garantir un accompagnement individualisé, des formations et des possibilités de reconversion et de reclassement. Les Engagés demandent également de solliciter le Fonds européen d’ajustement à la mondialisation (FEM), comme nous l’avions déjà fait et obtenu pour les travailleurs de Cora. Ce fonds doit permettre de mobiliser des moyens européens supplémentaires pour accompagner les travailleurs concernés vers un nouvel emploi.
  3. REDÉPLOYER les activités et protéger notre industrie. Préserver les compétences et les capacités de recherche et de production, attirer de nouveaux investissements et développer de nouvelles activités pour garantir durablement l’emploi pharmaceutique en Belgique.

« GSK est un acteur majeur de notre écosystème pharmaceutique. En plus des emplois menacés en interne, il ne faut pas perdre de vue le risque de pertes d’emplois parmi les sous-traitants de l’entreprise. Nous devons nous battre pour conserver cet écosystème. La création d’une task force interfédérale doit permettre de parler d’une seule voix face à la direction du groupe et de défendre une véritable perspective industrielle à long terme, au-delà de la seule gestion des licenciements », souligne notre député wallon Olivier de Wasseige.

« Dans le Brabant wallon, GSK est bien plus qu’une entreprise. C’est un acteur incontournable de notre économie, qui contribue depuis des décennies au rayonnement scientifique de notre région. Nous ne pouvons pas nous permettre de voir disparaître progressivement ces compétences et ces emplois hautement qualifiés. Il en va de l’avenir économique du Brabant wallon, mais aussi de toute la Wallonie », insiste Vincent Blondel, député wallon du Brabant wallon et président du Sénat. Il interpellera d’ailleurs ce mercredi le ministre wallon de l’Economie à ce propos au Parlement.

 

Une mobilisation européenne pour protéger un fleuron de nos exportations

Pour Les Engagés, cette stratégie doit dépasser le seul cas de GSK. L’industrie pharmaceutique constitue l’un des fers de lance de nos exportations et un pilier de notre souveraineté industrielle. C’est tout le sens du travail mené par notre Mouvement autour du tournant industriel. Ce mercredi matin, le mouvement réunissait d’ailleurs des acteurs de la formation et de l’emploi pour réfléchir à l’avenir de l’industrie wallonne et bruxelloise.

Face aux politiques étrangères visant à attirer les investissements et les capacités de production, l’Europe doit se donner les moyens de défendre ses intérêts.

Au-delà du FEM destiné à accompagner les travailleurs, Les Engagés appellent la Commission européenne à revoir sa stratégie pharmaceutique. Celle-ci doit prévoir des mesures de soutien et de protection en faveur de cette industrie stratégique, pour soutenir sa transformation, renforcer sa compétitivité et maintenir les investissements en Europe. Cette action doit s’articuler avec des mesures fédérales et régionales en faveur de l’emploi et du développement industriel.

« Nous ne pouvons pas nous contenter d’accompagner les restructurations les unes après les autres. Nous devons mobiliser tous les leviers, y compris européens, pour protéger nos travailleurs et notre industrie. Minimiser les pertes d’emplois aujourd’hui, accompagner les travailleurs dans les transitions et redéployer notre industrie pour demain : voilà nos trois priorités », conclut Yvan Verougstraete.