La Conférence interministérielle Droits des femmes (CIM DDF) a franchi une nouvelle étape dans les travaux consacrés au « Pack nouveau départ », avec l’objectif de poursuivre, dans le cadre du Plan d’action national de lutte contre les violences basées sur le genre 2026-2030, une approche harmonisée entre les différents niveaux de pouvoir.
En Belgique, près d’une personne sur trois a déjà été victime de violences psychologiques, physiques ou sexuelles de la part d’un partenaire ou ex-partenaire intime. Ce constat souligne la nécessité de mieux articuler les réponses existantes afin d’accompagner les victimes dans toutes les étapes de leur parcours de sortie des violences.
Le « Pack nouveau départ » est le nom d’un dispositif mis en œuvre en France pour faciliter la sortie des violences conjugales. Dans le contexte belge, l’enjeu est d’examiner les conditions permettant d’adapter ce modèle aux spécificités institutionnelles du pays, dans le respect des compétences et de l’autonomie de chaque niveau de pouvoir, avec un objectif commun : offrir aux victimes de violences intrafamiliales et à leurs enfants un accompagnement leur permettant de quitter la situation de violence, de les protéger et de reconstruire durablement leur autonomie.
Depuis janvier 2026, sous la co-présidence de notre ministre wallon de l’Égalité des chances, Yves Coppieters, et de la ministre Klinkenberg pour la Communauté germanophone, les membres de la CIM DDF ont engagé un travail interfédéral approfondi. Les travaux se sont appuyés sur plusieurs auditions d’acteurs et actrices de terrain : Furia, Vie Féminine, l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes, Veilige Huizen, Olista, Prisma, Casa Legal, le CVFE, ainsi que la Caisse d’allocations familiales du Val-d’Oise et l’association Mon âme sœur.
Des décisions actées pour poursuivre l’opérationnalisation du dispositif
Les membres de la CIM valident plusieurs points essentiels. Le « Pack nouveau départ » propose une coordination interfédérale de l’aide, structurée autour d’un axe transversal (le point unique de contact) et de six axes thématiques : sécurité, aide financière, assistance juridique, aide psychologique, protection socio-économique et logement.
Un principe fondamental est également approuvé : l’accès au point unique de contact ne peut être conditionné au dépôt préalable d’une plainte. Le point unique de contact accompagne les victimes, éventuellement par une orientation vers des services spécialisés, en vue d’accomplir les démarches nécessaires pouvant conduire au dépôt d’une plainte.
Le suivi du « Pack nouveau départ » sera ancré dans le Plan d’action national de lutte contre les violences basées sur le genre 2026-2030, sous la direction du ministre fédéral compétent pour l’Égalité des chances. La coordination du point unique de contact sera assurée par notre ministre wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles compétent pour l’Égalité des chances. Dès que le dispositif sera opérationnel, un suivi intermédiaire des engagements sera organisé sur la base d’indicateurs communs encore à définir.
Notre ministre wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles en charge de l’Égalité des chances, Yves Coppieters, l’affirme : « Depuis plusieurs mois, nous avons mené, avec les membres de la CIM, un travail approfondi pour faire avancer le « Pack nouveau départ » et dégager une approche commune autour de l’accompagnement des victimes de violences intrafamiliales. L’accord intervenu aujourd’hui constitue une étape importante : il permet de poursuivre ces travaux dans le cadre du prochain Plan d’action national de lutte contre les violences basées sur le genre, en continuant à construire, avec l’ensemble des niveaux de pouvoir, une réponse concrète, coordonnée et à la hauteur des besoins des victimes, tout en prenant en compte la spécificité et la complexité du système belge. Je continuerai à m’investir pleinement dans ce dossier, dont la portée est essentielle pour permettre aux personnes concernées de quitter les situations de violence, d’être protégées et de reconstruire durablement leur autonomie. »
Une nouvelle séquence de travail sur la participation égale aux lieux de décision
La CIM DDF a également acté le passage de flambeau vers la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui assurera désormais la présidence tournante de la CIM DDF durant huit mois. Si des avancées importantes ont été réalisées ces dernières années, les femmes demeurent encore insuffisamment représentées dans plusieurs lieux de pouvoir, de décision, d’influence et de participation.
Dans ce cadre, la Fédération Wallonie-Bruxelles a inscrit à l’ordre du jour une nouvelle thématique consacrée à la représentation des femmes et des hommes à la vie publique et aux processus décisionnels. Cette orientation ouvre une nouvelle séquence de travail interfédérale autour d’un enjeu démocratique central : garantir aux femmes et aux hommes une participation égale à la vie publique et aux décisions qui organisent la société.
Cette nouvelle séquence s’inscrit pleinement dans la mise en œuvre de la Stratégie genre et droits des femmes 2026-2029, adoptée conjointement par les Gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie-Bruxelles en février 2026.
Notre ministre, Yves Coppieters, conclut : « En reprenant la présidence tournante de la CIM Droits des femmes, la Fédération Wallonie-Bruxelles souhaite inscrire les prochains travaux dans la continuité de la consultation menée auprès de la société civile. La thématique de la participation égale des femmes et des hommes à la vie publique et aux processus décisionnels répond à une préoccupation forte : faire en sorte que les femmes soient pleinement présentes dans les espaces où se définissent les politiques publiques, les orientations collectives et les choix qui structurent notre société. C’est un enjeu démocratique, mais aussi une condition essentielle pour faire progresser durablement l’égalité. »