PFAS dans les cosmétiques : tensions au Parlement européen

Alors que des discussions sont en cours au Parlement européen sur la réglementation des substances chimiques, notre député européen, Yvan Verougstraete, alerte sur des tentatives inquiétantes (et parfois hallucinantes) d’assouplissement des règles encadrant l’usage de substances dangereuses dans les cosmétiques, notamment les PFAS.

« Si vous demandez aux citoyens s’ils sont prêts à appliquer sur leur peau un produit susceptible de leur donner le cancer, la réponse sera toujours NON. Alors pourquoi devrait-on accepter ce que personne ne veut ? Pour faire plaisir aux lobbies ? Ça n’aurait aucun sens » tempête l’Eurodéputé en charge de la protection des consommateurs et de la santé au parlement européen.

Coulisses

« Sous couvert de simplification, certains veulent affaiblir des règles essentielles de protection des consommateurs. C’est une erreur grave », déclare-t-il.

Dans les négociations en cours, plusieurs propositions portées par des élus conservateurs visent à introduire davantage de flexibilité dans l’utilisation de substances classées comme cancérogènes, mutagènes ou toxiques pour la reproduction, ou à retarder leur retrait du marché.

« Une orientation que Yvan Verougstraete juge inacceptable. »

Non à la schizophrénie politique

Les PFAS, largement utilisés pour leurs propriétés techniques, sont aujourd’hui au cœur des préoccupations sanitaires en raison de leur persistance dans l’environnement et de leurs effets potentiels sur la santé.

« On ne peut pas, d’un côté, alerter sur les risques liés aux “polluants éternels”, et de l’autre, ouvrir la porte à leur présence dans des produits que nous appliquons directement sur la peau » s’exclame encore Yvan Verougstraete.

Le combat politique sur la composition des produits donc…

Pour notre député, le débat doit rester ancré dans une réalité simple. Comme dit précédemment, « si vous demandez aux citoyens s’ils sont prêts à appliquer sur leur peau un produit susceptible de contenir des substances dangereuses, la réponse sera toujours non. Alors pourquoi permettre dans la législation ce qui est dangereux et dont personne ne veut ? »

Les droites à l’Europe veulent donc autoriser une certaine largesse dans la composition des produits, mais pas que…

Mais aussi sur l’étiquetage…

Au-delà de la composition des produits, Yvan Verougstraete insiste également sur la nécessité de garantir une information claire et accessible.

Certains amendements proposés par les droites, et certainement inspirés des lobbies, proposent des choses folles comme : 

  • Rendre plus flou ou moins accessible le contenu des ingrédients dangereux, par exemple des CMR ou des PFAS.
  • Allonger les délais avant retrait d’un produit dangereux du marché, ce qui revient à exposer les consommateurs plus longtemps.

« Réduire la lisibilité des étiquettes ou compliquer l’accès à l’information, c’est priver les consommateurs de leur capacité à faire des choix éclairés. C’est absolument contraire à l’intérêt général », dénonce Yvan Verougstraete.

Dans ce contexte, il appelle à maintenir une ligne ferme dans les négociations en cours.

« L’Europe doit rester un espace de confiance. Cela suppose des règles claires, lisibles, et protectricesPas des compromis qui mettent la santé en balance. »

Enfin, l’Eurodéputé appelle ses collègues à ne pas céder aux pressions et à défendre un niveau élevé de protection. « La santé des consommateurs ne se négocie pas. Elle se protège », conclut-il.