Près de la moitié de la population mondiale vit dans un pays en conflit : pourquoi l’Union européenne reste une exception

À l’heure où les extrémistes et autres populistes veulent en finir avec l’Union européenne et certains maires retirent le drapeau européen de leur mairie…

Par notre président et eurodéputé Yvan Verougstraete

Alors que certains élus fraîchement arrivés pensent qu’il est “intelligent” de retirer le drapeau européen, il est important de rappeler une réalité que beaucoup semblent oublier.

49% de la population mondiale vit aujourd’hui dans un pays en conflit. Guerres ouvertes, affrontements internes, violences entre groupes armés ou attaques terroristes : la conflictualité n’a jamais été aussi diffuse et proche. Aujourd’hui, 42 pays dans le monde sont engagés dans un conflit, soit près de 4 milliards de personnes.

Et pourtant, dans ce panorama marqué par l’instabilité, l’Europe fait figure d’exception. Sur un continent qui a connu des siècles de guerres, la paix est devenue la norme. En dehors de la guerre menée par la Russie contre l’Ukraine, aucun conflit de haute intensité n’oppose aujourd’hui les États de l’Union européenne. Ce n’est pas le fruit du hasard. C’est le résultat d’un choix politique : remplacer la confrontation par la coopération, construire des interdépendances durables et arbitrer les désaccords autrement que par la force.

Le monde autour de nous change rapidement. Les rapports de force se durcissent, les grandes puissances agissent parfois brutalement, et certains alliés deviennent des concurrents. Dans ce contexte, l’Europe n’est plus entourée de partenaires sûrs, mais de rapports de force.

À l’intérieur même de nos frontières, le danger est là aussi. Certaines forces politiques cherchent à opposer les nations et fragiliser ce qui nous unit. Retirer le drapeau européen au moment où le monde devient plus dangereux n’est pas un geste anodin : c’est un symbole, et un symbole puissant, de repli et d’oubli de ce que représente notre paix et notre sécurité.

Ce qui nous permet aujourd’hui de ne pas nous faire la guerre demain, c’est précisément ce cadre commun qu’incarne l’Union européenne. La paix en Europe n’est pas un acquis : c’est une construction politique. Comme toute construction, elle peut être fragilisée. La préserver est une responsabilité collective. Et l’afficher, avec le drapeau européen, n’est pas une question de symbole : c’est un acte politique et civique.