Les ministres européens des Affaires étrangères se sont pas parvenus à un accord pour interdire le commerce de produits issus des colonies israéliennes illégales. Un constat désolant et surtout une occasion manquée qui met une nouvelle fois à l’épreuve la crédibilité européenne.
Notre président et député l’affirme : « C’est profondément choquant. L’Europe affirme que les colonies israéliennes sur le territoire palestinien sont contraires au droit international, mais elle est incapable d’en tirer les conséquences concrètes. Le droit international ne peut pas être à géométrie variable. »
Pour rappel, plusieurs enquêtes récentes font état de nombreuses cargaisons agricoles israéliennes destinées à l’Europe qui contenaient des produits provenant des colonies israéliennes en territoire occupé, ainsi que de pratiques permettant de masquer l’origine réelle de ces marchandises et de contourner les règles européennes en matière d’étiquetage et de commerce.
« C’est d’abord un problème de droit international. Les colonies israéliennes sont illégales et l’Union européenne le reconnaît elle-même depuis des années. C’est ensuite un problème de protection des consommateurs. Les citoyens européens ont le droit de savoir d’où viennent les produits qu’ils achètent. Si l’origine réelle est dissimulée ou rendue ambiguë, la confiance est rompue. Enfin, c’est un problème de crédibilité politique. L’Europe ne peut pas condamner l’expansion des colonies d’un côté et continuer à importer les produits qui en sont issus de l’autre. »
Même constat du côté de la Présidence irlandaise du Conseil de l’Union européenne. La ministre irlandaise des Affaires étrangères Helen McEntee reconnaissait hier que l’Europe se trouve dans une impasse, appelant à exercer la même pression sur tout gouvernement qui commettrait des actes violant le droit international.
« Quand c’est la Présidence du Conseil elle-même qui constate l’impasse, c’est bien que le problème n’est plus celui d’un manque de débat. Il est dans l’incapacité des États membres à décider. »
La Belgique, elle, a choisi d’avancer
Notre pays a approuvé en juillet l’interdiction des importations de produits provenant des colonies israéliennes dans les territoires palestiniens occupés.
« La Belgique montre qu’il est possible d’agir. Mais face à un enjeu qui concerne le respect du droit international, une réponse européenne reste indispensable. Nous ne pouvons pas demander à certains États membres d’être cohérents seuls tout en laissant l’Union incapable de prendre une décision collective. »
Notre président et député conclut : « L’Europe ne peut pas se contenter de dire que la situation est intolérable et qu’une action forte est nécessaire. Elle doit maintenant être capable de passer des mots aux actes. Le droit international n’est crédible que si l’Europe est prête à le défendre partout. »