« À partir du 1er juillet 2026, l’Union européenne introduira une redevance douanière de 3 € sur les colis e-commerce importés de moins de 150 €. L’objectif est de rétablir des conditions de concurrence équitables entre les entreprises européennes et certaines plateformes extra-européennes. Cependant, Shein, Temu et les autres plateformes ont dèjà un plan pour contourner la redevance, un plan qui pourrait en plus déstabiliser gravement le marché européen » prévient notre eurodéputé et président des Engagés Yvan Verougstraete qui interpellera la Commission européenne en procédure d’urgence ce lundi.
Depuis plusieurs mois, nous alertons sur l’explosion des flux de produits à très bas coûts en provenance de plateformes comme Shein ou Temu notamment. Ces plateformes profitent des failles du système douanier et fiscal européen pour inonder notre marché de produits souvent de très faible qualité, parfois non conformes aux normes européennes, tout en fragilisant les entreprises qui, elles, respectent les règles. Mais déjà, certaines stratégies de contournement apparaissent.
En quoi consiste l’entourloupe ?
« En réalité, ces plateformes envisageraient de changer la façon dont elles déclarent leurs ventes. Au lieu de dire qu’un produit est vendu directement à un consommateur européen, elles le présenteraient comme un simple transfert de stock vers une entreprise située en Europe, avant la livraison finale. »
« Un tel montage permettrait d’éviter la taxe forfaitaire de 3 € et de payer à la place des droits de douane bien plus faibles. Mais à quoi fallait-il s’attendre de la part d’entreprises qui ne cessent de violer nos règles sanitaires, sociales et environnementales depuis trop longtemps » s’offusque l’Eurodéputé.
Comment empêcher que les plateformes contournent la loi ?
« Il est urgent de fermer cette faille avant l’entrée en vigueur de la réforme. »
« La règle doit être impossible à contourner. La solution est simple : lorsqu’un produit est déjà vendu à un consommateur européen avant son entrée dans l’Union, il s’agit d’une vente à distance, point. Le déguiser en importation B2B, c’est à dire en prétextant un mouvement de stock, pour échapper aux règles européennes doit être considéré comme illégal. »
Un réel danger pour le marché unique européen
« Si la Commission ne colmate pas la brèche immédiatement, la taxe des 3 € sera sans effet pour Shein, Temu et consorts. Pire, elle risque de déclencher une compétition entre États membres pour attirer ces flux. » « Si certains États membres appliquent strictement les règles tandis que d’autres les interprètent plus souplement, les flux pourraient être redirigés en quelques jours vers les juridictions les plus permissives. Cela affaiblirait le marché unique et créerait une guerre concurrentielle sans merci entre les pays de l’Union européenne » alerte-t-il.
L’enjeu est donc particulièrement sensible pour de nombreux hubs logistiques européens. En Belgique par exemple, l’aéroport de Liège est aujourd’hui l’un des principaux points d’entrée du e-commerce international et pourrait être durement impacté par une absence de réaction européenne adéquate.
« J’interpelle la Commission européenne »
Il est urgent d’agir. « J’interpelle dès aujourd’hui la Commission européenne en procédure d’urgence pour tirer la sonnette d’alarme et faire en sorte que l’Europe réagissent rapidement face à ce nouveau danger qui met en péril le marché européen, les secteurs concernés et nos consommateurs » conclut Yvan Verougstraete.