Survol de Bruxelles: il n’y a pas de « Route Crucke »

Ces derniers jours, plusieurs prises de position publiques ont fait référence à l’existence supposée d’une «route Crucke» dans le ciel bruxellois. Cette appellation est inexacte et ne correspond à aucune réalité juridique, administrative, politique ou technique. Explications de notre ministre fédéral Jean-Luc Crucke.

Obligation européenne

Depuis janvier 2024, la Belgique est tenue de se conformer à une obligation européenne en matière de navigation aérienne : la mise en œuvre de la Performance-Based Navigation (PBN). Ce dispositif vise non seulement à moderniser les procédures de vol en remplaçant progressivement les anciens systèmes de guidage, notamment de type VOR, mais également à renforcer la sécurisation des approches aériennes grâce à une navigation plus précise, plus prévisible et mieux encadrée. Il ne s’agit donc pas d’un choix politique discrétionnaire, mais bien de l’application d’une réglementation européenne contraignante pour l’ensemble des États membres.

Les trajectoires aériennes relèvent d’une analyse strictement technique et opérationnelle, élaborée par les autorités compétentes – Le SPF mobilité (DGTA) et Skeyes (le contrôleur aérien) en matière de navigation aérienne. Le rôle de l’autorité politique consiste à garantir la sécurité et assurer la conformité réglementaire, non à tracer des routes aériennes.

La décision prise au niveau ministériel, en date du 29/04/2025, a consisté à mettre en place une PBN provisoire, unique proposition de Skeyes, afin de respecter les échéances européennes et de tenir compte des travaux de rénovation de pistes planifiés par BAC (Brussel Airport Company). Aucune décision politique n’a été arrêtée en vue de favoriser ou de pénaliser un territoire en particulier.

À la demande de la DGTA, et afin de lui permettre de finaliser les analyses d’impact et d’éventuelles alternatives, la PBN provisoire fut prolongée jusqu’au 31/10/2026.

Il convient par ailleurs de rappeler que l’utilisation de la piste 07L est un choix dicté par Skeyes qui intervient lorsque les conditions de vent l’imposent, conformément aux règles de sécurité aérienne internationales. Les données météorologiques confirment un changement structurel du sens des vents dominants justifiant une utilisation accrue de cette piste.

Étude indépendante et rencontre avec les Bourgmestres

Conscient des préoccupations légitimes des riverains, le Ministre a sollicité dès le mois de juin 2025 le SPF Mobilité  (la DGTA) afin de commander une étude indépendante et exhaustive portant sur l’ensemble des tracés techniquement envisageables, ce dans le respect de la réglementation européenne en matière de sécurité aérienne.

Le cabinet du ministre de la Mobilité Jean-Luc Crucke rencontrera les Bourgmestres des Communes concernées qui en feront la demande. À des fins de transparence, cette invitation sera systématiquement adressée au Président de la conférence des bourgmestres Bruxellois afin de lui permettre de suivre l’ensemble de ces réunions. Par ailleurs, le Cabinet conviera systématiquement le SPF Mobilité (DGTA) ainsi que Skeyes auxdites réunions.

« Le débat sur le survol de Bruxelles mérite rigueur et responsabilité. Il s’agit d’un dossier technique et réglementaire qui nécessite des réponses fondées sur des faits et des études objectives. La personnalisation ou la politisation du sujet ne contribue ni à la compréhension des enjeux, ni à l’amélioration concrète de la situation pour les citoyens. » conclut le Ministre Crucke.