Minimum 40% de femmes parmi les hauts fonctionnaires

La ministre Vanessa Matz veut franchir une nouvelle étape pour l’égalité des genres dans la fonction publique fédérale. L’objectif est d’agir sur les principaux facteurs d’inégalité de genre : l’accès aux fonctions supérieures avec des objectifs de représentation plus équilibrée, l’impact du temps partiel et un meilleur suivi grâce aux données.

Une analyse récente du SPF BOSA sur l’écart salarial dans l’administration fédérale montre que le principe “à travail égal, salaire égal” est bien respecté grâce au système de barèmes : l’écart salarial corrigé pour la durée du travail y est de 7 %, contre 10,2 % dans le secteur privé. L’analyse révèle toutefois qu’un écart de revenu subsiste : les femmes perçoivent en moyenne un revenu inférieur de 10 % à celui des hommes.  

À la lumière de ces résultats, notre ministre de l’Action et de la Modernisation publiques, Vanessa Matz, annonce son intention de lancer une nouvelle politique d’égalité professionnelle au sein de l’administration fédérale. L’objectif est clair : passer de l’égalité salariale à une égalité professionnelle globale, des carrières et des opportunités.

En effet, malgré l’égalité salariale horaire, des écarts de revenus subsistent. Ils s’expliquent moins par le système de rémunération que par des trajectoires professionnelles différentes. Les femmes travaillent plus souvent à temps partiel et restent sous représentées dans certaines fonctions supérieures, ce qui influence la progression de carrière, la rémunération globale et la pension.

Pour parvenir à l’égalité professionnelle au sein de la fonction publique, la ministre souhaite agir sur plusieurs leviers structurants.

Les différents leviers d’actions

D’abord, agir sur l’accès aux fonctions supérieures. Si la parité est presque atteinte à certains niveaux de carrière dans l’administration fédérale, la représentation des femmes diminue fortement à mesure que l’on monte dans la hiérarchie. Aujourd’hui, les règles prévoient qu’au moins un tiers de chaque sexe soit représenté dans les niveaux A3, A4, A5 et dans les fonctions à mandat. Pour corriger ce déséquilibre, la ministre propose de fixer des objectifs progressifs de représentation à partir du niveau A3 : atteindre au moins 40 % de chaque sexe d’ici 2027 et tendre vers un équilibre de 50 % à l’horizon2029. L’objectif est d’agir en amont des carrières afin d’élargir durablement le vivier de candidates aux postes de direction.

Ensuite, mieux informer les fonctionnaires sur l’impact du temps partiel. Si ce dispositif reste un droit important pour l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée, il peut avoir des conséquences durables sur la carrière et la pension. Un outil de simulation sera développé pour permettre à chacun d’évaluer concrètement ces effets.

La ministre souhaite également renforcer le pilotage de l’égalité professionnelle par les données, notamment dans la perspective de la transposition de la directive européenne sur la transparence salariale en 2026. Une analyse annuelle des écarts de salaires et de carrière pour toute l’administration fédérale permettra d’identifier plus précisément les déséquilibres et d’agir de manière ciblée.

En complément, d’autres mesures sont prévues pour renforcer une culture organisationnelle plus inclusive. Chaque administration sera notamment invitée à désigner au moins un.e responsable de l’inclusion, chargé d’accompagner le management, de soutenir les services RH et de coordonner les initiatives visant à promouvoir l’égalité et la diversité au sein des équipes.

Vanessa Matz: “L’administration fédérale doit être exemplaire. En tant que premier employeur public du pays, elle a la responsabilité de montrer la voie et de faire progresser l’égalité professionnelle dans l’ensemble du marché du travail. Garantir l’égalité salariale est une étape importante, mais l’enjeu aujourd’hui est d’aller plus loin et d’agir sur les trajectoires de carrière. En travaillant sur l’accès aux fonctions, sur l’impact du temps partiel et sur une culture managériale plus inclusive, nous voulons créer les conditions d’une véritable égalité des opportunités dans la fonction publique.”

 

En tant que premier employeur public du pays, l’administration fédérale doit être exemplaire