Pénurie de places en crèche, stress quotidien, charge immense pour les parents seuls ou les aidants proches, défis supplémentaires face au handicap, accompagnement d’un aîné… Un parent sur trois peine à concilier emploi et vie familiale.
Derrière ce chiffre, une réalité quotidienne faite d’horaires imprévisibles, de charge mentale et de choix professionnels contraints, qui pèse d’abord sur les femmes et creuse durablement les inégalités: temps partiel subi, carrières freinées, manque de places en crèche, isolement des parents solos, épuisement des aidants-proches : la conciliation n’est plus un enjeu périphérique, mais un défi structurel pour notre modèle social.
À l’heure où la Belgique vise 80 % de taux d’emploi, soutenir les familles n’est pas un luxe, c’est une nécessité économique et sociale.
Face à cette réalité, Les Engagés agissent à tous les niveaux pour améliorer concrètement le quotidien des familles, renforcer la solidarité et garantir un accompagnement digne pour chacune et chacun.
De l’accueil de la petite enfance à la reconnaissance des aidants, en passant par la réforme des congés familiaux, nous défendons une ligne claire : protéger, soutenir et libérer les familles pour permettre à chacun de vivre pleinement ses responsabilités professionnelles et personnelles, sans devoir sacrifier l’une ou l’autre.
Les familles prennent aujourd’hui des formes multiples : couples avec ou sans enfants, familles monoparentales, recomposées, adoptives, d’accueil ou intergénérationnelles. Cette diversité, richesse pour la société, exige des politiques adaptées, garantissant l’égalité de traitement et répondant aux besoins de chacun. Prendre soin d’un enfant ou d’un proche dépendant n’est pas un choix, mais une nécessité sociale.
La situation était alarmante : durant la précédente législature, près de 1.700 places d’accueil ont disparu en Belgique francophone, alors qu’il manquait déjà de places en crèche. L’explosion des coûts de construction a ralenti les projets, mais surtout, les milieux d’accueil (crèches, accueillantes, co-accueil) ont vu leurs frais de fonctionnement devenir intenables, menaçant leur survie.
Nous agissons
Face à cette urgence, sous l’impulsion de notre ministre de l’Enfance Valérie Lescrenier, Les Engagés ont déployé une stratégie ambitieuse et responsable : éviter les fermetures et créer 5.000 nouvelles places, tout en préservant la qualité de l’accueil.
Cela s’est concrétisé par l’octroi de subsides exceptionnels pour le soutien du fonctionnement des milieux d’accueil et pour la construction de nouvelles infrastructures, et par le maintien des mécanismes d’emploi subventionnés (les contrats APE sont maintenus). Pour l’avenir, les travaux sont en cours pour favoriser la viabilité financière de tous les mieux d’accueil, qu’ils soient subventionnés ou non (crèches, accueillantes, co-accueil…). Une cellule d’accompagnement sera d’ailleurs bientôt en fonction à l’ONE, avec des opérateurs tiers, pour soutenir en priorité, sous l’angle économique, les milieux d’accueil existants en difficulté et conseiller ceux qui envisagent d’ouvrir.
Des initiatives pour la création de places en crèches émergent par ailleurs au niveau communal, où nos échevins Engagés en charge de la petite enfance portent activement des projets de création de nouvelles places, parfois sur fonds propres communaux.
Stress permanent, course contre la montre avec les temps de trajets et la logistique du quotidien, horaires difficiles à concilier, enfants malades sans solution de garde, charge mentale écrasante : trois quarts des parents estiment que cette pression affecte directement leur vie familiale. Pour faciliter le quotidien des familles, Les Engagés se mobilisent à tous les niveaux de pouvoir.
Nous agissons
Au niveau fédéral, une réforme ambitieuse des congés familiaux est en préparation avec la création d’un crédit familial incluant notamment un congé grand-parental, soit ce qu’on a appelé un « sac à dos » de congés attribué à chaque enfant dès sa naissance. Les Engagés ont également obtenu une semaine supplémentaire de congé de maternité, librement transférable entre les deux parents. Pour les indépendants, le gouvernement a aussi approuvé, dans le cadre du plan PME, l’allongement du congé de maternité et l’instauration d’un congé parental. Au-delà, les mesures de modernisation du marché du travail doivent amener plus de flexibilité pour permettre de faciliter le quotidien. C’est notamment le cas des horaires accordéon, qui doivent permettre au travailleur le souhaitant de davantage travailler une semaine et moins la suivante.
Du côté de la Fédération Wallonie-Bruxelles (FWB), le gouvernement, sous l’impulsion de Valérie Lescrenier, entame une réforme de l’Accueil Temps Libre (ATL) qui concerne l’accueil extra-scolaire, les centres de vacances et les écoles de devoirs, notamment. Cette réforme doit évidemment s’intégrer dans celle des rythmes journaliers au bénéfice des enfants et des familles.
Enfin, sur le terrain communal, les élus Engagés multiplient les initiatives visant à faciliter le quotidien des familles : aménagement des horaires communaux, soupe gratuite dans les écoles, gratuité de la surveillance du temps de midi, et même octroi d’un congé de conciliation, pour permettre au personnel communal de de faire face aux urgences et impératifs familiaux (par exemple partir plus tôt pour une réunion de parents ou arriver plus tard le temps de trouver une solution de garde pour un enfant malade.)
La conciliation emploi-famille est un défi particulièrement aigu quand un seul des deux parents assume seul, ou pratiquement seul, les charges et responsabilités liées aux enfants. Un quart des ménages avec enfants sont monoparentaux, et plus de 80% d’entre eux sont dirigés par une femme. En effet, dans la majorité des cas, c’est la maman qui assume la garde principale des enfants.
Que cette configuration soit subie ou voulue, temporaire ou à plus long terme, les études montrent que l’absence de coresponsabilité parentale accentue la tension entre travail et responsabilités familiales, avec le risque de devoir interrompre sa carrière, accepter à contre-cœur un emploi précaire ou encore de tomber dans la précarité, faute de recevoir la pension alimentaire due par l’ancien conjoint. Favoriser la conciliation pour les familles monoparentales suppose donc des dispositifs sociaux adaptés. Il s’agit d’un enjeu à la fois d’égalité des chances, de lutte contre la pauvreté et de cohésion sociale.
Nous agissons
Pour répondre à la problématique des pensions alimentaires non payées, Les Engagés, par l’action de notre député fédéral Xavier Dubois, ont déposé une proposition de loi visant à automatiser le versement des pensions alimentaires par le service des créances alimentaires (SECAL). Jusqu’ici, ce service intervenait à la demande des parents confrontés à des impayés pour récupérer les sommes dues. La proposition entend automatiser le versement des pensions alimentaires afin d’assurer un paiement plus rapide et plus sûr. L’objectif est de simplifier les démarches, apaiser les relations parentales et réduire la charge mentale liée au recouvrement des pensions alimentaires.
En Wallonie, et c’est une grande première, une stratégie globale 2025-2029 pour les familles monoparentales est en cours d’élaboration, initiée par Yves Coppieters. Elle vise notamment la création d’un véritable statut du parent solo pour mieux adapter les aides existantes. Face à l’absence de politique globale et la grande diversité des situations familiales, le gouvernement souhaite poser un cadre transversal et cohérent. La réflexion portera notamment sur la création d’un statut spécifique pour les parents solos, afin d’assurer une meilleure reconnaissance de leurs réalités et un accès plus équitable aux aides existantes.
Toujours à l’initiative de Yves Coppieters au niveau wallon, les allocations familiales ont été rehaussées pour un plus grand nombre de familles monoparentales. Concrètement, le plafond de revenus donnant droit au supplément majoré pour les familles monoparentales a été rehaussé de 30.000 à 54.867 euros bruts par an pour les enfants nés à partir du 1er janvier 2020. Ce faisant, plus de familles monoparentales toucheront les 24,87 euros mensuels. Les suppléments sociaux demeurent inchangés, tout comme les montants de base des allocations familiales qui continueront à être indexés.
D’autres mesures ont été prises par ailleurs par le gouvernement wallon et nos mandataires locaux Engagés, attestant de notre attention permanente à la réalité des familles monoparentales. En témoigne la décision du gouvernement wallon, à l’initiative de François Desquesnes, d’octroyer dès juillet 2026 une réduction de 250 EUR sur le montant de la taxe de mise en circulation pour les familles monoparentales.
La conciliation emploi-famille, qui n’est pas facile en temps normale, est encore plus complexe lorsque l’enfant présente un handicap ou des besoins spécifiques. En plus de leur emploi et des tâches domestiques, ces parents assument une charge de soins et de coordination souvent équivalente à un temps plein, faisant de leur réalité spécifique une véritable « triple journée ». L‘offre d’accueil et d’hébergement de qualité pour les enfants et adultes en situation de handicap est en effet structurellement insuffisante au regard des besoins, obligeant certains parents à arrêter de travailler pour s’occuper de leur enfant.
Nous agissons
Sous l’impulsion d’Yves Coppieters, le gouvernement wallon a lancé une étude approfondie des besoins réels afin de résorber les pénuries de places et mieux répartir l’offre sur le territoire. Un nouveau plan ERICh (Ensemble Rénovons les Institutions pour les Citoyens handicapés) permettra de réhabiliter les structures existantes, avec une attention particulière portée à l’autisme.
De plus, une collaboration inédite entre les compétence de Santé, Handicap, Aide à la jeunesse, ainsi que le SPF Santé publique et l’AVIQ vise désormais à mieux accompagner les enfants et jeunes présentant à la fois un handicap et des troubles psychiques ou psychiatriques, pour éviter les parcours fragmentés et les ruptures familiales.
Qu’ils soutiennent un enfant en situation de handicap, un parent malade ou une personne âgée, les aidants-proches sont des piliers invisibles de notre société. Ils sont entre 10 et 12 % de la population belge, majoritairement des femmes (85%), certains temporairement, à court terme, d’autres à moyen voire à très long terme. Mais quelle qu’elles soient, ces situations peuvent être source de fatigue, voire d’épuisement, de fragilisation psychologique ou encore d’isolement social.
Nous agissons
Pour les soutenir, Les Engagés ont obtenu un budget fédéral spécifique dans le cadre d’un plan de cohésion sociale. L’objectif est double. D’une part, faciliter l’accès aux congés afin de rendre plus soutenable la conciliation entre activité professionnelle et accompagnement d’un proche. D’autre part, mieux prendre en compte les besoins de santé des aidants eux-mêmes, souvent fragilisés par une charge prolongée.
Toujours au niveau fédéral, nos députées Anne Pirson, Isabelle Hansez et Aurore Tourneur ont déposé une proposition de loi à la Chambre visant à accompagner structurellement les aidants-proches, à assurer une prise en compte transversale de leur réalité complexe dans l’ensemble des politiques et à initier un plan interfédéral, afin d’éviter les incohérences entre dispositifs fédéraux et régionaux.
Du côté des entités fédérées justement, sous l’impulsion d’Yves Coppieters, les gouvernements wallon et de la Fédération Wallonie Bruxelles travaillent avec leurs administrations et les associations concernées à une « stratégie aidance » concertée qui portera sur six axes prioritaires : la reconnaissance, l’information, le soutien, la prévention, santé et bien-être, l’emploi et les enjeux culturels et éducatifs. Cette stratégie vise à offrir aux aidants-proches une reconnaissance légitime, un accès simplifié à l’information, un soutien concret au quotidien et une meilleure intégration dans la société.
Enfin, sur du plus court terme, pour les aidants-proches touchés par l’exclusion du chômage, le gouvernement fédéral a décidé de geler temporairement les exclusions. Ceux-ci pourront se déclarer auprès de l’ONEM sans perdre leurs allocations, le temps que leur dossier pour obtenir le statut d’aidant proche soit examiné. Si les conditions sont remplies, l’allocation de chômage sous dispense de disponibilité sera portée à 746 euros à partir du 1er mars, soit environ le double du montant actuel.
À terme, les Engagés défendent la création d’une véritable allocation sociale spécifique pour les personnes qui, en raison de leur engagement comme aidants-proches, ne peuvent être disponibles à temps plein pour le marché du travail. L’enjeu est de passer d’un régime dérogatoire au sein du chômage à un statut clair, fondé sur la reconnaissance d’une fonction sociale essentielle.
Le vieillissement de la population rend la question de la perte d’autonomie de plus en plus centrale. Cette conciliation emploi-famille englobe dès lors aussi le soin à des proches vieillissants, malades ou dépendants.
Nous agissons
Au-delà des engagements mentionnés ci-dessus pour les aidants-proches, Les Engagés défendent également depuis longtemps la création d’une assurance autonomie permettant un maintien à domicile dans de bonnes conditions, avec l’aide nécessaire, et le plus longtemps possible. Une première étape décisive a été franchie avec la mise en place de la future Garantie Autonomie, nouveau pilier de la protection sociale wallonne. Un groupe d’experts travaille actuellement sur son modèle et son cadre juridique.
Une ligne politique claire : protéger, soutenir, libérer les familles
Partout, Les Engagés transforment les constats en actions concrètes. Les politiques menées ne se contentent pas de « compenser » les inégalités, elles cherchent à les transformer à la racine. Qu’il s’agisse du crédit familial, du Plan Crèches, de la réforme de l’ATL, du Plan ERICh ou de la Stratégie de soutien aux familles monoparentales, toutes ces actions dessinent une même cohérence : placer la famille et l’égalité au cœur du projet social. Elles traduisent la volonté d’un mouvement qui considère la conciliation non comme un privilège, mais comme un droit fondamental, celui de vivre dignement ses responsabilités familiales et professionnelles sans devoir renoncer à l’une pour l’autre. En soutenant les familles, c’est l’ensemble du tissu économique et social que l’on renforce.