« Plafond de verre », « plancher collant », « parois de verre »… autant d’expressions qui décrivent les obstacles qui freinent encore la carrière des femmes. La fonction publique fédérale n’échappe pas à cette réalité. Les femmes y sont nombreuses, mais leur présence diminue à mesure que l’on monte dans la hiérarchie.
Les données sont parlantes : la répartition est encore équilibrée au niveau A2, avec 50 % de femmes et 50 % d’hommes. Mais le décrochage commence dès le niveau A3, où la proportion de femmes tombe à 44 %. Elles ne sont ensuite plus que 39 % au niveau A4 et 30 % au niveau A5.
Cette sous-représentation se retrouve également dans les rémunérations. Si les barèmes de l’administration fédérale garantissent un même salaire pour une même fonction, l’écart salarial entre les femmes et les hommes reste de 7 % lorsque l’on compare des durées de travail équivalentes.
Notre ministre de l’Action et de la Modernisation publiques, Vanessa Matz, le résume : « Dans l’administration fédérale, à fonction égale, le salaire est égal. Le problème est celui de l’égalité professionnelle. Les femmes sont majoritaires dans l’administration, mais elles accèdent moins souvent aux fonctions les plus élevées et donc aux niveaux de rémunération les plus importants. C’est cette réalité que nous voulons corriger. »
Relever le niveau d’ambition
Actuellement, un même sexe peut représenter jusqu’à deux tiers des personnes nommées ou désignées dans les fonctions supérieures, garantissant une représentation minimale d’un tiers de chaque genre. La réforme adoptée relève cet objectif. À partir du 1er janvier 2027, aucun genre ne pourra représenter plus de trois cinquièmes des titulaires de fonctions de management et des agents nommés aux niveaux A3, A4 et A5. La représentation minimale de chaque sexe passera ainsi d’un tiers à 40 %.
Cette cible doit permettre de consolider les progrès déjà réalisés, d’éviter tout recul et d’accélérer la progression là où les femmes restent encore largement sous-représentées, en particulier au niveau A5.
« L’État ne peut pas demander à la société d’avancer vers davantage d’égalité sans appliquer cette exigence à sa propre organisation. Les objectifs de représentation fonctionnent. Ils ont permis une nette progression de la présence des femmes dans les fonctions supérieures. Nous voulons aujourd’hui relever notre ambition et intervenir plus tôt, au moment où les trajectoires professionnelles commencent réellement à diverger. »
Agir sur les chiffres, mais aussi sur les parcours
Fixer des objectifs statistiques est un levier efficace, mais ils ne suffisent pas à eux seuls. Notre ministre prévoit également d’agir sur les obstacles plus discrets qui peuvent freiner les carrières féminines : réexaminer certaines conditions d’accès aux fonctions supérieures, mieux informer sur l’impact du temps partiel sur le salaire, la carrière et la pension, renforcer le leadership inclusif et le coaching, et assurer un meilleur suivi des données dans l’ensemble des administrations.
« L’objectif n’est pas uniquement d’améliorer les statistiques. Nous voulons faire évoluer durablement les parcours de carrière, les pratiques et les mentalités. L’administration fédérale doit être exemplaire et créer une dynamique qui puisse également inspirer le secteur privé », conclut notre ministre de l’Action et de la Modernisation publiques, Vanessa Matz.
Une même ambition dans les entreprises publiques
Toujours dans la volonté de renforcer la présence des femmes là où se prennent les décisions, le Conseil des ministres a également approuvé l’instauration d’une représentation minimale de 33 % du sexe sous-représenté au sein des Comités de direction des entreprises publiques autonomes : bpost, Proximus, SNCB, Infrabel et Skyes.