Dix territoires, une même ambition pour l’alimentation de demain

Le Ministre wallon de l’Environnement, Yves Coppieters dévoile ses feuilles de route dans le cadre du Plan d’action pour une alimentation saine et durable. Au total, sept feuilles de route composent la reprise du plan “Food Wallonia 2022-2025″. Ce dossier présente les quatre feuilles de route à l’initiative du ministre Coppieters et leur méthode de pilotage.

Santé publique, justice alimentaire, soutien aux producteurs, cantines, grande distribution, lutte contre le gaspillage : le plan entend agir sur toute la chaîne, du champ à l’assiette.

La conférence met surtout en lumière le pari des territoires : dix projets alimentaires territoriaux (PAT) appelés à transformer les priorités régionales en solutions concrètes. Véritables facilitateurs de relations, d’activités et de cohérence, ils sont les acteurs principaux de ce plan.

Trois d’entre eux : Condroz-Famenne, Cœur de Hainaut et arrondissement de Verviers, ont partagé lors de cette conférence leurs premiers enseignements, leurs expérimentations et ce que l’action locale peut déjà changer dans le quotidien des citoyens.

Plan d’action pour une alimentation saine et durable

Depuis plusieurs années, la Wallonie structure progressivement la transition de son système alimentaire vers davantage de durabilité.

Adoptée en novembre 2018 par le Gouvernement wallon, la stratégie « Manger Demain » constitue le cadre de référence de l’action publique wallonne en matière d’alimentation durable.

Son référentiel « Vers un système alimentaire durable en Wallonie » développe une vision systémique, allant de la production à la consommation et intégrant les dimensions économiques, sociales, sanitaires et environnementales. Il poursuit six objectifs complémentaires :

  • garantir l’accès à une alimentation durable et sa disponibilité,
  • améliorer la santé et le bien-être,
  • renforcer la prospérité socio-économique,
  • préserver l’environnement,
  • développer les connaissances et les compétences,
  • mettre en place une gouvernance efficace, cohérente et participative.

Dans le prolongement de cette stratégie et du plan « Food Wallonia 2022-2025 », le Gouvernement wallon a décidé, en 2025, de lancer les travaux visant à traduire ces ambitions en feuilles de route opérationnelles.

Cette démarche ne part pas d’une page blanche. Elle s’appuie sur la stratégie Manger Demain, sur les réalisations de Food Wallonia et sur les nombreuses initiatives déjà déployées en Wallonie.

Le choix de structurer ces travaux autour de plusieurs feuilles de route répond à une double ambition : mieux articuler les actions existantes et concentrer les efforts sur quelques leviers structurants, afin de consolider et de diffuser les solutions qui produisent des résultats concrets.

Le Plan d’action a ainsi vocation à mettre en cohérence les enjeux de santé, , d’accessibilité sociale à une alimentation de qualité, de préservation des ressources et de soutien à l’approvisionnement local. Il reposera sur une action publique transversale, coordonnée et évaluée, en valorisant les acquis existants tout en permettant à la Wallonie d’aller plus loin dans la transition vers un système alimentaire sain, durable et accessible à toutes et tous.

Aujourd’hui, ce sont 10 millions d’euros qui ont été investis par la Wallonie en faveur d’une alimentation plus saine et durable : 6 millions d’euros à travers les Projets alimentaires territoriaux (PAT) et 4 millions d’euros consacrés à la restauration collective, à travers le Green Deal Cantines Durables et le « Coup de pouce du local dans l’assiette ». Un investissement qui permet d’agir à la fois sur les territoires et très concrètement dans les assiettes.

1.Notre méthode en quatre principes conducteurs

  • Partir de l’existant : capitaliser sur Manger Demain, Food Wallonia et les initiatives déjà actives.
  • Mieux coordonner : relier les politiques de santé, d’accessibilité, d’environnement, de gaspillage et de développement territorial.
  • Agir au plus près des réalités : donner aux territoires un cadre commun, tout en leur laissant la souplesse nécessaire pour expérimenter.
  • Evaluer et diffuser : mesurer les résultats, partager les apprentissages et étendre les solutions qui fonctionnent.

2.  Au total, sept feuilles de route pour agir

 

Parce que les enjeux alimentaires sont interdépendants. La santé dépend aussi de l’accessibilité économique des aliments, la lutte contre le gaspillage doit tenir compte de la qualité des produits redistribués, et la restauration collective peut agir à la fois sur les habitudes alimentaires, la cohésion sociale et la transition environnementale.

Les feuilles de route permettent d’articuler ces enjeux, de clarifier les responsabilités et de faire travailler les acteurs autour d’objectifs partagés :

  • Restauration collective
  • Pertes et gaspillages alimentaires
  • Droit à l’alimentation et justice alimentaire
  • Réseau d’animation territoriale

Ces feuilles de route s’inscrivent dans un cadre global élaboré avec les administrations et les compétences ministérielles concernées, afin de garantir la cohérence de l’action sur l’ensemble du système alimentaire.

Le ministre Yves Coppieters pilote les feuilles de route consacrées à la restauration collective, aux pertes et gaspillages alimentaires, au droit à l’alimentation et à la justice alimentaire, ainsi qu’au réseau d’animation territoriale.

Il copilote avec la ministre Anne-Catherine Dalcq la feuille de route relative “grande distribution et industrie agroalimentaire” et est associé à celle sur les infrastructures et circuits courts. Ce qui montent bel et bien le plan à sept feuilles de route.

La cohérence du Plan repose aussi sur la mise en commun des expertises publiques. Coordonnés par la Direction du Développement durable, les travaux associent les administrations compétentes en matière de santé, d’accessibilité sociale, de lutte contre le gaspillage alimentaire et d’économie sociale. L’AVIQ, le SPW Intérieur et Action sociale, le SPW Agriculture, Ressources naturelles et Environnement et le SPW Économie, Emploi, Recherche contribuent ainsi chacun dans leur domaine à une vision partagée. Cette méthode permet de relier les politiques plutôt que de les juxtaposer et d’apporter des réponses plus complètes aux réalités vécues par les citoyens et les territoires.

Les PAT présentés lors de la conférence de presse

PAT Coeur de Hainaut

Porté par « Hainaut Développement » et « l’Observatoire de la Santé du Hainaut », le PAT Cœur de Hainaut couvre 22 communes de Mons-Borinage et du Centre. Il associe notamment le Parc naturel des Hauts-Pays, le CIEP Hainaut Centre et un Conseil de Politique Alimentaire ouvert aux acteurs du territoire.

Sa vision est de faire du Cœur du Hainaut un territoire de coopération et d’expérimentation, capable de passer de la mise en réseau à des solutions collectives et reproductibles.

L’objectif est de développer les débouchés locaux, de faciliter l’accès à une alimentation de qualité et de faire évoluer les pratiques des professionnels comme des habitants.

Cela se traduit notamment par :

  • L’extension du Festival “Nourrir le Coeur du Hainaut” : après une cinquième édition rassemblant plus de 40 activités, le PAT veut déployer la dynamique dans les 22 communes, avec des visites, ateliers, rencontres et conférences autour des enjeux alimentaires.
  • L’amélioration des environnements alimentaires : sensibiliser les pouvoirs locaux et les institutions, partager les pratiques et expérimenter des solutions co-construites telles que des micromarchés sur les campus, des espaces nourriciers partagés ou des actions autour des 1 000 premiers jours.
  • Favoriser l’accès de tous à une alimentation de qualité : poursuivre la Concertation de l’Aide Alimentaire avec la FDSS et étudier une solution logistique d’économie sociale reliant services d’aide alimentaire, commerces de proximité, producteurs locaux, Horeca et restauration collective.
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PAT Arrondissement de Verviers

Le projet réunit quatre partenaires aux rôles complémentaires : le Réseau Aliment-Terre de l’Arrondissement de Verviers, qui assure la coordination générale et stratégique, l’ASBL De Bouche à Oreille, le Consortium transitoire Est-Francophone et le CLPS Verviers. Ensemble, ils mettent leur connaissance fine du territoire au service d’une alimentation saine, locale et accessible.

À long terme, le PAT veut renforcer la souveraineté alimentaire du territoire et sa résilience face aux chocs économiques et climatiques. Cette ambition repose sur une alimentation produite, transformée, distribuée et consommée dans le respect de l’environnement, de la santé, de l’accessibilité pour tous, du revenu décent et de l’inclusion sociale.

Pour son lancement, le PAT Arrondissement de Verviers développe trois projets phares :

  • Faire connaître les groupes d’employeurs : accompagner les petites entreprises afin qu’elles puissent partager un même travailleur, répondre aux variations saisonnières, fidéliser la main-d’œuvre et alléger la charge administrative.
  • Accompagner les pouvoirs locaux : mobiliser des expertises et soutenir la mise en œuvre de projets durables, notamment autour des repas scolaires, de la valorisation du foncier public ou de l’étude d’une épicerie sociale.
  • Centraliser l’information au service des citoyens et porteurs de projets : proposer une porte d’entrée vers les ressources du territoire, dont un outil pédagogique en ligne destiné aux enseignants, et orienter les initiatives vers les organismes, fournisseurs et réseaux pertinents.

PAT Condroz-Famenne

Le PAT Condroz-Famenne est porté par le Parc naturel Cœur de Condroz, en partenariat avec le Réseau RADiS, La Calestienne CISP et Le Petit Théâtre de la Grande Vie. Ancrés dans les quatre bassins de vie du territoire, à savoir : Cœur de Condroz, région dinantaise, Beauraing et Rochefort, ces partenaires mettent en commun leurs réseaux, leurs expériences et leurs compétences au service d’un même projet territorial.

Le PAT Condroz Famenne veut faire de la diversité de ses quatre bassins de vie une force collective, au service d’un système alimentaire plus robuste, durable et accessible. Son ambition est de relier les acteurs et les initiatives existantes, d’expérimenter des solutions au plus près des réalités locales, puis de structurer et d’essaimer ce qui fonctionne à l’échelle du territoire, sans uniformiser les dynamiques propres à chaque bassin.

Concrètement, cette ambition se décline en trois projets phares :

  • Relier quatre bassins de vie pour faire territoire : créer des passerelles entre les acteurs, projets, réseaux et savoir-faire du Cœur de Condroz, de la région dinantaise, de Beauraing et de Rochefort, afin de favoriser l’interconnaissance, de construire des priorités communes et de mieux articuler les besoins du terrain avec les ressources, les accompagnements et les financements disponibles.
  • Expérimenter à Rochefort de nouvelles réponses à l’accessibilité alimentaire : accompagner un projet pilote de Sécurité sociale de l’alimentation, concrétisé par une caisse locale de l’alimentation solidaire, puis évaluer et capitaliser l’expérience afin d’identifier les solutions susceptibles d’être adaptées ou essaimées dans d’autres bassins de vie.
  • Faire de la restauration collective un levier pour les filières locales : mieux connaître les besoins des écoles, maisons de repos, structures sociales et autres collectivités, faciliter les liens avec les producteurs, coopératives, transformateurs et acteurs logistiques, et apporter des réponses concrètes aux enjeux de volumes, de planification, de transformation, de logistique et de marchés publics.