Investir plutôt que subir

Le dérèglement climatique n’est plus une perspective lointaine. Le printemps et l’été 2026 l’ont encore rappelé : épisodes de fortes précipitations et risques d’inondation au printemps, puis un été exceptionnellement chaud et sec. En Belgique, l’été 2026 a été le plus chaud jamais enregistré depuis le début des observations, avec trois vagues de chaleur et 15 jours à plus de 30°C à Uccle.

À l’échelle mondiale, les températures continuent également d’atteindre des niveaux records. À quelques semaines de la COP31, qui se tiendra en novembre à Antalya, l’enjeu international est désormais moins de multiplier les engagements que de parvenir à accélérer la transition par la mise en œuvre concrète : électrification, transition énergétique, adaptation, financement et transformation industrielle sont au cœur des discussions.

Notre constat : un monde qui change rapidement

Dans son discours à l’occasion du Convivialiday, notre Président Yvan Verougstraete a évoqué les cinq bouleversements majeurs que nous vivons actuellement, qui révèlent une même nécessité de mieux préparer l’avenir. La sortie des fossiles intervient comme une nécessité dans un monde marqué simultanément par notre dépendance énergétique, la révolution de l’intelligence artificielle, le retour des enjeux de sécurité, la guerre commerciale mondiale et le vieillissement de la population. La transition énergétique doit donc être pensée comme une partie d’une stratégie plus large de résilience et de prospérité.

Nous refusons trois impasses : le populisme qui exploite les frustrations, l’immobilisme qui s’accroche au passé et le dogmatisme qui ne cherche des solutions que symboliques et à court terme. L’enjeu est à nos yeux de renforcer l’ambition collective pour construire une société plus juste, plus humaine, plus durable et capable de rester prospère dans un monde qui change.

Notre ligne : « Investir plutôt que subir »

Nous sommes en période de conclaves budgétaires, et l’argent est le nerf de la guerre. La discipline budgétaire doit aller de pair avec une stratégie d’investissement qui prépare l’économie de demain, réduit la dépendance aux énergies fossiles et soutient le pouvoir d’achat. La transition climatique est une opportunité économique, de résilience et d’indépendance énergétique.

Les messages portés par Jean-Luc Crucke, Ministre fédéral du climat

  1. Investir dans la transition tout en assainissant les finances publiques. Les économies de 10 milliards d’euros sont nécessaires pour rééquilibrer les finances publiques, mais elles ne peuvent constituer l’unique horizon budgétaire. Nous poussons pour une réorientation parallèle des investissements vers la transition énergétique et climatique, dans le cadre de la flexibilité budgétaire permise par l’Union européenne.
  2. Sortir des énergies fossiles pour renforcer l’économie et le pouvoir d’achat. La crise actuelle est une crise de dépendance aux énergies fossiles. Accélérer l’électrification, développer l’éolien, le solaire et la biomasse doit permettre de réduire cette dépendance et de préparer une économie plus performante, tout en préservant le pouvoir d’achat.
  3. Mobiliser l’argent public pour déclencher davantage d’investissements privés. La transition nécessite des moyens financiers importants. Jean-Luc Crucke défend l’utilisation de l’argent public pour générer des investissements privés. L’objectif est de conjuguer assainissement budgétaire et relance économique, plutôt que de se limiter aux économies et aux recettes supplémentaires.
  4. Faire de la transition un investissement concret dans les infrastructures. Les réseaux, les transports et les bâtiments sont les infrastructures qui nécessiteront les investissements les plus lourds pour accélérer la transition. On parle de milliards nécessaires annuellement, qui devront nécessairement s’inscrire dans une perspective de moyen terme, vu l’ampleur et les délais nécessaires.
  5. Articuler atténuation, adaptation et sobriété. La transition ne consiste pas seulement à réduire les émissions, mais aussi à adapter nos comportements et nos territoires aux conséquences du changement climatique. Rien ne sert d’être volontariste dans les ambitions de réduction de CO2 si l’ensemble des comportements et usages ne change pas. C’est la raison pour laquelle, par exemple, via les appels à projet Circular By Design, Jean-Luc Crucke entend subsidier des projets à fort impact et avec une réelle possibilité de modifier les modes de production.
  6. Assumer un rôle fédéral de coordination climatique. La majorité des compétences climatiques relèvent des Régions. Le rôle d’un ministre fédéral est donc largement diplomatique, européen et international, mais aussi celui d’un coordinateur entre les différents niveaux de pouvoir. Le plan national contre les feux de végétation doit notamment permettre de renforcer la coordination entre le fédéral et les Régions. Le ministre souligne aussi le besoin d’une meilleure identification et communication des lieux de fraîcheur.

Jean-Luc Crucke met toute son énergie et son volontarisme climatique au service d’une meilleure articulation intrabelge des initiatives existantes mais il s’investit aussi sur la scène internationale : il a ainsi obtenu le soutien du gouvernement pour une participation active dans la coalition des Etats volontaires (qui regroupe aujourd’hui plus de 60 pays) pour une sortie planifiée des énergies fossiles.

Concrètement ? Que font les Engagés pour le climat ?
NOS MINISTRES

Au niveau fédéral : Depuis 2024, le gouvernement Arizona a pris toute une série de décisions qui vont dans le sens de la transition :

  • La prolongation légale du nucléaire (17 mai 2025) : Le gouvernement a fait voter la loi levant officiellement les interdictions réglementaires et validant juridiquement la prolongation pour 10 ans des réacteurs bas carbone Doel 4 et Tihange 3.
  • L’adoption du Plan Fédéral Énergie-Climat (Juillet 2025) : L’exécutif a approuvé la version définitive du Plan fédéral Énergie-Climat (PFEC). Ce document acte plusieurs arbitrages pour réduire de 47 % les émissions des secteurs non-ETS d’ici 2030, incluant notamment des ajustements de la TVA, le verdissement des flottes professionnelles ou encore le renforcement du budget mobilité.
  • La validation du Plan National Énergie-Climat (6 octobre 2025) : En concertation avec les entités régionales, le gouvernement fédéral a validé la mise à jour finale du Plan National Énergie-Climat (PNEC 2025). Ce texte, évalué début 2026 par la Commission européenne, revoit à la hausse les exigences de transition du pays.
  • L’octroi des financements carbone ETS (31 mars 2026) : L’exécutif a officiellement débloqué une enveloppe de 6 millions d’euros, issue des quotas d’émission européens (ETS), pour subventionner de manière ciblée sept projets technologiques et climatiques fédéraux.

Le gouvernement Arizona est pleinement engagé dans le shift fiscal en faveur de la transition. Près de 800 millions d’euros de mesures ont déjà été prises depuis le début de la législature, en vue d’accélérer l’électrification et la décarbonation de la société. Ce sont autant de subsides aux énergies fossiles qui disparaissent et de tonnes de CO2 réduites en conséquence !

Au niveau du gouvernement wallon : Depuis 2024, le Gouvernement wallon a initié plusieurs actions phares :

  • Stratégie d’adaptation au changement climatique 2040 : En août 2026, le Gouvernement a adopté une nouvelle stratégie pour adapter le territoire wallon aux impacts climatiques d’ici 2040, avec des mesures chiffrées attendues à l’automne.
  • Mise en œuvre du PACE 2030 : La Région continue d’exécuter son Plan Air Climat Énergie (PACE) 2030 qui vise une réduction de 47 % des émissions de gaz à effet de serre (par rapport à 2005), tout en préparant le futur plan à l’horizon 2040.
  • Décarbonation de l’industrie : De nouveaux appels à projets sont lancés pour subventionner les investissements bas carbone et d’efficacité énergétique dans les entreprises wallonnes, dans le cadre du décret neutralité carbone.
  • Gestion des risques et des inondations : Dans la continuité des réformes post-inondations de 2021, notre ministre François Desquesnes a présenté un Plan intersectoriel de crise consacré aux inondations qui a été adopté, dans l’objectif de renforcer la résilience du territoire.
  •  Plan Environnement-Santé (ENVIeS 2025-2030) : Notre ministre Yves Coppieters a préparé un portefeuille d’actions regroupe des mesures pour améliorer la qualité de l’air, de l’eau et des sols, ainsi que l’accès aux espaces verts.
  • La rénovation énergétique des bâtiments est à nouveau soutenue : Le gouvernement régional a adopté le jeudi 24 septembre 2026 un nouveau régime de soutien à la rénovation énergétique par un mécanisme de prêt à taux avantageux dans l’idée d’encourager à un « saut de label »

Au niveau du gouvernement bruxellois : les actions climatiques de la Région de Bruxelles-Capitale s’articulent principalement autour de l’exécution et de l’adaptation des plans existants, avec un tournant social majeur pris en juillet 2026 :

  • Le Plan Social pour le Climat (Juillet 2026) : Le Gouvernement bruxellois a conclu un accord de principe majeur doté d’une enveloppe de 150 millions d’euros. S’inscrivant dans le cadre du paquet européen Fit for 55, ce plan cible les ménages et usagers les plus vulnérables afin de garantir une transition juste.
  • Aides à l’efficacité énergétique du bâti : Le Plan Social introduit de nouvelles mesures de soutien pour la rénovation énergétique des logements (via des primes renforcées et des prêts à taux zéro dédiés aux publics précarisés).
  • Investissements dans la mobilité durable : L’accord de 2026 prévoit l’extension des transports bas carbone, notamment via le financement d’une nouvelle liaison de tram à faibles émissions entre Belgica et Bruxelles-Nord. Il intègre aussi un système public de location de vélos à long terme et des prêts sans intérêt pour l’achat de vélos destinés aux personnes prioritaires.
  • Poursuite des jalons du PACE 2030 : Le gouvernement assure le suivi opérationnel du Plan Air Climat Énergie (PACE), qui impose des échéances strictes, comme la fin du chauffage fossile dans le neuf et l’interdiction progressive du mazout.
  • Intégration des recommandations de l’Assemblée Citoyenne Climat : En 2025 et 2026, l’exécutif a continué de traiter les cycles de propositions citoyennes portant sur l’habitat durable, la transition vers une économie circulaire, et l’intégration des retours citoyens dans la future stratégie d’alimentation durable Good Food.

Au niveau du gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles : depuis juillet 2024, le gouvernement a initié plusieurs actions structurantes en matière de transition écologique :

  • Le suivi du cadre décrétal : conformément au décret du 1er juillet 2021 organisant la coordination et le renforcement des actions de la Communauté Française en faveur de la transition écologique, la FWB poursuit sa contribution à l’atteinte des objectifs qu’il fixe, à savoir la neutralité carbone au plus tard en 2050, la réduction d’au moins 55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 par rapport à 1990, ainsi que le déploiement de mesures d’adaptation visant à réduire les risques liés au changement climatique pour l’homme et la biodiversité. Ce suivi est assuré par le comité de coordination et de suivi de la politique de transition écologique, présidé par la Ministre-Présidente.
  • L’élaboration du 2e Plan transversal de transition écologique (PTTE) : conformément au décret du 1er juillet 2021, le Gouvernement élabore et adopte un PTTE à chaque législature. Ce plan constitue l’outil central de coordination des actions menées par la FWB en matière de transition écologique, tant dans la gestion de ses administrations et organismes publics que dans l’exercice de ses compétences. Le premier PTTE (2021-2025) a fait l’objet d’un rapport final de suivi dont les enseignements ont nourri la préparation du deuxième PTTE (2026-2030). Celui-ci a été approuvé en première lecture en juin 2026 et devrait être adopté définitivement d’ici la fin de l’année. Son élaboration s’inscrit dans une démarche collaborative et participative associant les différents acteurs concernés.
  • L’activation de la cellule de crise canicule : face à la récurrence des épisodes de fortes chaleurs, notamment durant l’été 2026, le Gouvernement a activé une cellule de crise chargée de coordonner la gestion de leurs impacts, notamment dans les écoles et les structures d’accueil de la petite enfance. Les travaux se poursuivent en concertation avec les autres niveaux de pouvoir.
  • Les appels à projets « Ombrage » : dans le cadre du budget initial 2027, un montant de 13 millions d’euros a été dégagé afin de financer des projets permettant une adaptation rapide des cours de récréation et des bâtiments scolaires aux épisodes de forte chaleur (végétalisation, dispositifs de protection solaire, …). Les modalités du dispositif seront précisées dans les prochains mois. Cette initiative complète les investissements déjà consentis en faveur de la rénovation des bâtiments scolaires.
  • La participation à la conférence interministérielle (CIM) de l’Environnement et du Développement durable, afin d’assurer la coordination des politiques environnementales avec les autres niveaux de pouvoir.
  • La contribution à l’élaboration du plan d’action 2026-2028 prévu par l’accord de coopération entre la Fédération Wallonie-Bruxelles, la Région wallonne et la Région de Bruxelles-Capitale relatif à l’éducation à l’environnement, à la nature et au développement durable.
NOS DEPUTÉS

Nos députés sont aussi au front en matière de lutte contre le dérèglement climatique. Ainsi, plusieurs résolutions ont été déposées dans les différents parlements. Elles couvrent plusieurs domaines :

  1. Renforcement de la gouvernance Énergie-Climat (Chambre des représentants – Marc Lejeune, Luc Frank, Aurore Tourneur et Serge Hiligsmann) Création d’un Haut Conseil de l’approvisionnement énergétique : Déposée sous le document parlementaire 56K1743, cette proposition de résolution vise à instaurer un organe scientifique stable capable de renforcer la capacité d’analyse, d’émettre des recommandations structurelles et de guider les politiques croisées en matières d’énergie et de climat.
  2. Décarbonation et énergies renouvelables (Chambre des représentants – Serge Hiligsmann et Julien Matagne) Développement du photovoltaïque le long des voies ferrées : cette résolution (56K1527) invite le gouvernement fédéral à collaborer avec la SNCB et Infrabel pour concevoir un cadre national harmonisé. L’objectif est d’installer massivement des panneaux solaires sur le domaine ferroviaire public afin d’accélérer la décarbonation du rail et de stabiliser les coûts de l’électricité.
  3. Protection environnementale internationale (Chambre des représentants – Marc Lejeune, Luc Frank et Julien Matagne) Protection des fonds marins internationaux : cette résolution (56K1135) pousse le gouvernement fédéral à œuvrer activement à l’échelle internationale pour interdire ou encadrer strictement l’exploitation minière des fonds marins, préservant ainsi d’immenses puits de carbone naturels.
    4. Mobilité (Chambre des représentants – Julien Matagne et Aurore Tourneur) Encourager le télétrainvail : cette résolution demande au gouvernement d’analyser la faisabilité de comptabiliser le temps de trajet en train comme temps de travail et d’optimiser en conséquence les trajets. Texte voté en juillet 2026.
    5. Mobilité (Chambre des représentants – Julien Matagne) Proposition de loi visant à prolonger jusqu’en 2030 les aides au transport de marchandises par rail en prolongeant le mécanisme de réduction des « péages » ferroviaires. Texte voté en décembre 2025.
    6. Régulation du marché et justice sociale (Parlement européen) Captation des superprofits énergétiques : En septembre 2026, dans le cadre de son mandat européen, Yvan Verougstraete a exigé que la Belgique s’aligne sur l’initiative de six pays européens (dont l’Allemagne et l’Espagne) visant à prélever la « rente de crise » des géants de l’énergie. L’objectif est d’utiliser les bénéfices exceptionnels du secteur fossile pour financer directement la transition énergétique des ménages et des entreprises.

NOS COMMUNES

Au niveau communal : partout où nous sommes présents sur le territoire wallon et bruxellois, nous nous investissons pour l’accélération de la transition. Cela se traduit par de nombreuses initiatives locales qui concernent l’urbanisme et l’aménagement du territoire, la mobilité douce, l’énergie, la gestion du patrimoine public, la gestion des risques d’inondations, d’incendies, de santé publique, la préservation de la biodiversité, la gestion de l’eau, des déchets. Plusieurs communes Engagées ont notamment mis en place un plan Canopée afin d’augmenter la couverture arborée des territoires urbains.

LE MOUVEMENT

Au niveau du Mouvement : Les Engagés sont pleinement investis pour la décarbonation de l’ensemble des secteurs de la société à l’horizon 2050. Les équipes du 123 sont à votre disposition. Le Département politique (ex-CEPESS) approfondit cette question en croisant les points de vue et les expertises. Il veille aussi à partager les informations, à soutenir les équipes du Mouvement et à préparer les réflexions sur les enjeux de demain, en favorisant la coordination entre toutes et tous.