À l’échelle mondiale, les températures continuent également d’atteindre des niveaux records. À quelques semaines de la COP31, qui se tiendra en novembre à Antalya, l’enjeu international est désormais moins de multiplier les engagements que de parvenir à accélérer la transition par la mise en œuvre concrète : électrification, transition énergétique, adaptation, financement et transformation industrielle sont au cœur des discussions.
Notre constat : un monde qui change rapidement
Dans son discours à l’occasion du Convivialiday, notre Président Yvan Verougstraete a évoqué les cinq bouleversements majeurs que nous vivons actuellement, qui révèlent une même nécessité de mieux préparer l’avenir. La sortie des fossiles intervient comme une nécessité dans un monde marqué simultanément par notre dépendance énergétique, la révolution de l’intelligence artificielle, le retour des enjeux de sécurité, la guerre commerciale mondiale et le vieillissement de la population. La transition énergétique doit donc être pensée comme une partie d’une stratégie plus large de résilience et de prospérité.
Nous refusons trois impasses : le populisme qui exploite les frustrations, l’immobilisme qui s’accroche au passé et le dogmatisme qui ne cherche des solutions que symboliques et à court terme. L’enjeu est à nos yeux de renforcer l’ambition collective pour construire une société plus juste, plus humaine, plus durable et capable de rester prospère dans un monde qui change.
Notre ligne : « Investir plutôt que subir »
Nous sommes en période de conclaves budgétaires, et l’argent est le nerf de la guerre. La discipline budgétaire doit aller de pair avec une stratégie d’investissement qui prépare l’économie de demain, réduit la dépendance aux énergies fossiles et soutient le pouvoir d’achat. La transition climatique est une opportunité économique, de résilience et d’indépendance énergétique.
Les messages portés par Jean-Luc Crucke, Ministre fédéral du climat
- Investir dans la transition tout en assainissant les finances publiques. Les économies de 10 milliards d’euros sont nécessaires pour rééquilibrer les finances publiques, mais elles ne peuvent constituer l’unique horizon budgétaire. Nous poussons pour une réorientation parallèle des investissements vers la transition énergétique et climatique, dans le cadre de la flexibilité budgétaire permise par l’Union européenne.
- Sortir des énergies fossiles pour renforcer l’économie et le pouvoir d’achat. La crise actuelle est une crise de dépendance aux énergies fossiles. Accélérer l’électrification, développer l’éolien, le solaire et la biomasse doit permettre de réduire cette dépendance et de préparer une économie plus performante, tout en préservant le pouvoir d’achat.
- Mobiliser l’argent public pour déclencher davantage d’investissements privés. La transition nécessite des moyens financiers importants. Jean-Luc Crucke défend l’utilisation de l’argent public pour générer des investissements privés. L’objectif est de conjuguer assainissement budgétaire et relance économique, plutôt que de se limiter aux économies et aux recettes supplémentaires.
- Faire de la transition un investissement concret dans les infrastructures. Les réseaux, les transports et les bâtiments sont les infrastructures qui nécessiteront les investissements les plus lourds pour accélérer la transition. On parle de milliards nécessaires annuellement, qui devront nécessairement s’inscrire dans une perspective de moyen terme, vu l’ampleur et les délais nécessaires.
- Articuler atténuation, adaptation et sobriété. La transition ne consiste pas seulement à réduire les émissions, mais aussi à adapter nos comportements et nos territoires aux conséquences du changement climatique. Rien ne sert d’être volontariste dans les ambitions de réduction de CO2 si l’ensemble des comportements et usages ne change pas. C’est la raison pour laquelle, par exemple, via les appels à projet Circular By Design, Jean-Luc Crucke entend subsidier des projets à fort impact et avec une réelle possibilité de modifier les modes de production.
- Assumer un rôle fédéral de coordination climatique. La majorité des compétences climatiques relèvent des Régions. Le rôle d’un ministre fédéral est donc largement diplomatique, européen et international, mais aussi celui d’un coordinateur entre les différents niveaux de pouvoir. Le plan national contre les feux de végétation doit notamment permettre de renforcer la coordination entre le fédéral et les Régions. Le ministre souligne aussi le besoin d’une meilleure identification et communication des lieux de fraîcheur.
Jean-Luc Crucke met toute son énergie et son volontarisme climatique au service d’une meilleure articulation intrabelge des initiatives existantes mais il s’investit aussi sur la scène internationale : il a ainsi obtenu le soutien du gouvernement pour une participation active dans la coalition des Etats volontaires (qui regroupe aujourd’hui plus de 60 pays) pour une sortie planifiée des énergies fossiles.