Gaspillage textile : l’Europe franchit une étape historique

Jusqu’à 600.000 tonnes de vêtements, chaussures et textiles neufs détruits chaque année en Europe, soit l’équivalent des émissions annuelles nettes de la Suède. C’est terminé. Dès ce 19 juillet, l’Europe interdit la destruction des invendus neufs pour les grandes entreprises. Notre président et député européen, Yvan Verougstraete, se réjouit de cette décision historique.

« À partir de ce 19 juillet, l’Europe interdira la destruction des vêtements et chaussures invendus. Cette décision, votée en septembre dernier, marque une étape majeure dans la lutte contre le gaspillage textile et renforce la responsabilité des entreprises dans la transition vers une économie circulaire », indique notre député européen.

« Pour rappel, jusqu’à 600.000 tonnes de vêtements, chaussures, textiles neufs sont détruits chaque année en Europe : des invendus, des retours client non remis en vente ou encore des stocks neufs éliminés pour raisons commerciales ou logistiques : c’est inadmissible ! », s’exclame-t-il.

« Rappelons aussi que 600.000 tonnes de vêtements détruits, c’est aussi près de 6 millions de tonnes de CO₂, soit un niveau d’émissions comparable aux émissions nettes annuelles de la Suède. Il y a donc aussi une portée environnementale très importante à l’application de notre mesure. Avec cette décision, l’Union européenne envoie un signal clair : le temps de l’impunité pour les pratiques de destruction massive touche à sa fin ».

Ce que prévoit concrètement la décision

Dès ce 19 juillet, les grandes entreprises ne pourront plus détruire des produits de consommation invendus, notamment des textiles et des chaussures. Les entreprises de taille moyenne seront soumises aux mêmes règles à partir de 2030. La destruction ne sera autorisée qu’en dernier recours, après examen de solutions alternatives comme la réparation, le don ou le recyclage.

Cette décision, qui prend la forme d’un acte délégué de la Commission européenne, prévoit des dérogations, mais elles seront très limitées : par exemple pour des raisons de santé ou de sécurité, en cas de produits irréparablement endommagés ou non conformes aux normes européennes. Les entreprises devront, dans de tels cas, conserver pendant cinq ans les preuves justifiant toute destruction et démontrer qu’aucune option de réutilisation n’était possible.

« Ce renforcement des obligations vise à mettre fin aux abus et à garantir des conditions de concurrence équitables. Pendant trop longtemps, des tonnes de vêtements neufs ont été détruites alors qu’elles auraient pu être réutilisées. Cette décision met un coup d’arrêt à ces pratiques irresponsables. L’Europe affirme que le gaspillage textile n’est plus acceptable et que les entreprises doivent assumer pleinement leurs responsabilités environnementales. C’est une avancée concrète pour l’économie circulaire et pour une concurrence loyale entre les acteurs. »

Une étape dans une stratégie plus large

En complétant le règlement sur l’écoconception des produits durables voté il y a près de deux ans, cette décision accélère la transition du secteur textile vers des modèles davantage circulaires. Elle contribue à réduire les déchets, à limiter l’impact environnemental de l’industrie et à encourager l’innovation vers des pratiques plus durables.

Notre président et député conclut : « L’Union européenne montre qu’elle peut agir fermement contre le gaspillage. Il faut maintenant poursuivre cet effort pour soutenir les entreprises qui investissent dans la durabilité et sanctionner celles qui persistent dans des pratiques peu scrupuleuses. »