La Wallonie réinvestit ses friches plutôt que d’artificialiser de nouveaux terrains

La Wallonie dispose de plus de 4.000 hectares de friches à fort potentiel économique. Plutôt que d’artificialiser de nouveaux terrains, notre ministre wallon en charge des Zones d’Activités économiques, François Desquesnes, fait le choix de les réinvestir. Le Gouvernement wallon lance un appel à projets FEDER doté de 23 millions d’euros pour accélérer la reconversion de ces sites et offrir aux entreprises des conditions d’implantation durables.

Une politique cohérente au service de la réindustrialisation

Cette mesure concrétise les engagements pris par le Gouvernement wallon, notamment dans la note d’orientation du 17 juillet 2025 relative au redéploiement territorial de l’économie et de l’industrie. L’ambition de la Wallonie : remobiliser 1.500 hectares de terrains d’ici 2030, en donnant la priorité à la reconversion des friches afin de préserver les espaces naturels et les terres agricoles et ainsi de limiter l’expansion du territoire. Cette approche s’inscrit également dans les objectifs du Schéma de Développement Territorial, qui prévoit que 30 % des nouveaux terrains économiques soient développés sur des surfaces déjà artificialisées d’ici 2030, puis 100 % à l’horizon 2050, dans une logique de zéro artificialisation nette.

Une réponse concrète aux besoins du territoire

Les travaux préparatoires menés avec les acteurs publics et privés confirment le potentiel de redéploiement économique de la Wallonie. Les premiers constats sont significatifs : 276 friches de plus de 5 hectares présentant un potentiel économique ont été identifiées, représentant plus de 4.000 hectares mobilisables. Ces résultats montrent que la capacité foncière existe pour soutenir la réindustrialisation, à condition de mobiliser les outils administratifs et financiers nécessaires.

La stratégie du Gouvernement repose donc sur la réutilisation prioritaire des surfaces déjà artificialisées. L’objectif est de régénérer le territoire plutôt que de poursuivre son extension, en conciliant développement économique, préservation des terres agricoles, des espaces naturels et amélioration du cadre de vie.

Une nouvelle impulsion via le FEDER

Dans ce contexte, le Gouvernement wallon lance un appel à projets dans le cadre du FEDER – Mesure 29. Cette nouvelle mesure additionnelle poursuit plusieurs objectifs concrets :

  • Amorcer rapidement la mobilisation des friches d’ici la fin de la législature régionale
  • Soutenir des projets reconnus comme prioritaires à haut potentiel de reconversion économique à l’horizon 2030
  • Contribuer aux objectifs de régénération du foncier existant
  • Envoyer un signal fort aux acteurs publics et privés en faveur de la reconversion des sites en friche

La mesure vise également à garantir un équilibre territorial des usages : un tiers pour le logement, un tiers pour les activités économiques et un tiers pour la restauration de la nature.

Un soutien financier structurant

Le Gouvernement mobilise une nouvelle enveloppe de 23.084.233 €, répartie comme suit : 6.286.014 € financés par la Région wallonne, 14.489.796 € par le FEDER et 2.308.423 € en provenance des fonds propres des opérateurs. La répartition territoriale prévoit que 85 % des moyens soient attribués à la zone « en transition » (Hainaut, Namur et Liège), et 15 % à la zone « moins développée » (Luxembourg).

Un appel à projets destiné aux entités publiques ou assimilées

Cet appel à projets s’adresse aux entités publiques ou assimilées, dans le respect du processus de sélection approuvé par le Gouvernement wallon. Les projets devront répondre à des critères stricts : haut potentiel de développement, pérennité des projets, caractère structurant et intégré.

Concrètement, l’appel à projets est ouvert depuis le 1er juin jusqu’au 24 juillet 2026. Une phase d’analyse se déroulera durant l’été, avant une sélection des projets par le Gouvernement wallon à l’automne.

Notre ministre wallon en charge  Zones d’Activités économiques, François Desquesnes, le résume : « Avec cette mesure, nous posons un nouvel acte concret pour la réindustrialisation de la Wallonie. Nous faisons le choix de réinvestir d’abord dans les sites existants, en mobilisant les friches et en modernisant nos infrastructures, afin d’offrir aux entreprises des conditions d’implantation durables, tout en préservant notre territoire. »