Malgré des avancées réelles, le risque de pauvreté étant passé de 14,1 % en 2020 à 10,9 % en 2025, les défis restent immenses. Un Belge sur cinq vit sans aucune réserve financière. Le nombre de personnes en arriéré de paiement pour leurs besoins fondamentaux est à son plus haut niveau depuis 2020. Face à ce constat, le gouvernement fédéral vient d’approuver ce plan ambitieux. Il ne se contente pas de gérer la pauvreté : il organise la sortie de la pauvreté. En combinant protection immédiate, simplification administrative et activation durable, il est à la fois juste, efficace et tourné vers l’avenir.
Les 1 000 premiers jours : briser le cycle dès le départ
La pauvreté se transmet d’une génération à l’autre. Pour briser ce cercle, il faut intervenir très tôt. Le plan prévoit le déploiement d’un programme périnatal ambitieux : « Soins et soutien aux femmes enceintes, à leurs enfants et à leur ménage pendant les 1 000 premiers jours ».
L’objectif est de garantir un accès effectif aux soins et à l’accompagnement pour les futures mères vulnérables, dès la grossesse et jusqu’aux deux premières années de vie de l’enfant. Cette période est déterminante : ce qui se joue dans ces 1 000 premiers jours a un impact durable sur la santé, le développement cognitif et les chances futures de l’enfant.
Grâce à un outil de dépistage des vulnérabilités psychosociales développé par Born in Belgium Professionals, les professionnels de santé pourront identifier les femmes qui ont besoin d’un accompagnement renforcé et leur proposer un soutien adapté à leur situation réelle.
Des soins d’urgence renforcés pour les plus vulnérables
Pour les personnes les plus précaires, sans-abri, personnes en grande pauvreté, populations qui ne trouvent pas le chemin vers les soins classiques, le plan renforce la « ligne 0,5 » : un dispositif qui combine des lits de convalescence et des infirmiers de rue pour aller à la rencontre de ceux que le système ordinaire n’atteint pas.
Ces structures jouent un double rôle essentiel : offrir une première aide d’urgence, mais aussi orienter durablement vers les soins de première ligne. À Charleroi, un nouveau centre d’accueil de 20 lits de convalescence ouvrira ses portes dès 2026, portant à 95 le nombre total de lits financés dans ce cadre à l’échelle du pays. Ce renforcement s’accompagne d’un soutien aux initiatives en matière de soins psychologiques et de traitement des assuétudes, pour répondre à la réalité complexe des situations de grande précarité.
Moins d’administratif, plus d’humain pour les assistants sociaux
Dans les CPAS, les assistants sociaux sont souvent la première et parfois la seule personne de confiance pour quelqu’un qui cherche à s’en sortir.
Pourtant, une part croissante de leur temps est absorbée par des tâches administratives au détriment de l’accompagnement humain. Le plan y répond directement : un groupe de travail réunissant les ministres de l’Intégration sociale, de l’Emploi et de la Simplification administrative élaborera un plan d’action concret.
Amélioration des flux de données entre organismes, accord de coopération entre les CPAS et les services régionaux pour l’emploi (FOREM, ACTIRIS, VDAB), meilleure utilisation des données de la Banque-Carrefour de la Sécurité sociale : autant de leviers pour que les assistants sociaux puissent faire ce pour quoi ils sont là, accompagner les personnes vers l’autonomie et la dignité.
Le tiers payant étendu : fini d’avancer les frais chez le dentiste ou le kiné
Les statistiques sont parlantes : 11,5 % des personnes exposées au risque de pauvreté ont dû reporter des soins pour des raisons financières. L’obstacle n’est pas toujours le coût final des soins, c’est souvent le fait de devoir avancer la totalité des honoraires avant d’être remboursé. Pour beaucoup de ménages en difficulté, ce frein suffit à reporter indéfiniment des soins pourtant nécessaires.
Le plan étend le régime du tiers payant aux dentistes, kinésithérapeutes et logopèdes : le patient ne paie plus que sa quote-part directement au prestataire, la mutualité règle le reste. Une mesure concrète, qui lève un obstacle réel à l’accès aux soins pour les personnes les plus vulnérables.
Une approche transversale : chaque ministre responsable
Ce plan se distingue enfin par sa logique de responsabilisation collective. La lutte contre la pauvreté n’est pas l’affaire d’un seul ministre : chaque membre du gouvernement est responsable des actions relevant de son propre domaine de compétence.
Nous veillerons à ce que les engagements pris se traduisent en réalités concrètes pour celles et ceux qui en ont le plus besoin, tout au long de la législature.