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Un prof dans chaque classe : Luttons contre la pénurie d’enseignants

L’enseignement, c’est avant tout un prof dans une classe devant des élèves. Or actuellement la pénurie d’enseignants est telle que de nombreuses heures de cours ne sont pas données. Nous souhaitons faire de la lutte contre cette pénurie la priorité de la prochaine législature.

36%
D’enseignants qui décrochent dans les 5 premières années de carrière.
10%
Revalorisation salariale minimale proposée aux enseignants.
200h
De cours qu’un élève perd par an parce que le professeur est absent. Cela correspond à six semaines de cours.

Ce que nous proposons

Les enseignants pourront bénéficier d’une revalorisation salariale d’au moins 10% s’ils acceptent de prester deux périodes supplémentaires consacrées à l’encadrement ou au soutien des élèves. Ils pourront prester des heures supplémentaires pour compenser l’absence d’un collègue. Ces heures supplémentaires seront défiscalisées.

Le nombre de périodes en classe demandé à chaque enseignant sera adapté en fonction de la charge de travail (temps de préparation, corrections…) requise selon les disciplines : un professeur d’éducation physique et à la santé pourrait par exemple prester plus de périodes devant la classe qu’un professeur de français. La charge en classe sera adaptée en début et en fin de carrière, tandis que la taille maximale des classes sera réduite dans la mesure du possible.  Le système des DPPR (disponibilité précédant l’âge de la retraite) sera adapté afin d’inciter financièrement à la prise de DPPR partielles et de permettre de prester encore des heures de cours volontaires à l’issue de la DPPR, en veillant à son caractère réversible. Enfin, les enseignants qui le souhaitent pourront prester certaines heures de cours rémunérées après l’âge de la retraite, en gardant leur ancienneté pécuniaire acquise durant leur carrière.

La formation et l’accompagnement des enseignants débutants seront renforcés. Des outils seront mis à leur disposition pour ne pas être submergé par la masse de travail des débuts, notamment des supports de cours de qualité. Les enseignants débutants engagés pour au moins un mi-temps dans une école pourront obtenir un contrat à temps plein jusqu’à la fin de l’année en acceptant de faire partie d’une plateforme d’enseignants disposés à remplacer au pied levé des enseignants absents dans une zone donnée.

Dans le cadre d’une réforme plus large de la fonction publique et de la revalorisation salariale proposée, l’engagement des enseignants via des contrats à durée indéterminée plutôt que leur nomination sera encouragé. La mobilité des membres du personnel entre les réseaux et PO sera facilitée.

Une fonction d’assistant d’enseignement ou d’encadrant polyvalent sera créée. Cet assistant facilitera la différenciation des apprentissages, mais pourra aussi superviser le travail des élèves en cas d’absence de l’enseignant.

Pourquoi ?

  • La pénurie d’enseignants est un phénomène qui ne concerne pas que la Fédération Wallonie Bruxelles, bien au contraire. De très nombreux pays sont concernés par un décrochage des enseignants en place et un nombre trop restreint de jeunes qui s’inscrivent dans les formations dédiées à l’enseignement. C’est surtout dans les 5 premières années que les enseignants débutants (première ou deuxième carrière) décrochent, en particulier ceux qui n’ont pas suivi une formation pédagogique initiale de qualité ;
  • La pénurie de professeurs sans précédent que nous connaissons traduit un malaise qu’on ne peut plus ignorer. Le salaire n’est pas seul en cause. Les conditions de travail (nombre d’élèves, charge administrative, succession des réformes) sont également pointées du doigt ;
  • Suite à la mise en œuvre de la nouvelle réforme initiale des enseignants et à l’allongement de celle-ci, la question du barème que toucheront des nouveaux enseignants doit d’ailleurs être tranchée et aura inévitablement comme conséquence une demande d’égalité de traitement des enseignants en place. Toutefois, afin qu’une revalorisation salariale soit soutenable budgétairement et afin de lutter contre la pénurie, celle-ci devra être associée avec une augmentation des périodes consacrées à l’encadrement des élèves ;
  • Trop d’enseignants débutants renoncent à exercer ce métier en début de carrière en raison de conditions de travail difficiles. Le régime des nominations notamment les condamne à des horaires incomplets, dispersés entre plusieurs écoles et n’assure pas la moindre stabilité d’une année à l’autre aux enseignants en début de carrière. La précarité de leur statut les empêche régulièrement d’obtenir un prêt hypothécaire. Lorsqu’ils ont des compétences recherchées dans d’autres secteurs, leur choix est vite fait. La rigidité du régime statutaire actuel est un frein dans le parcours professionnel des enseignants débutants.

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