Une place pour chacune et chacun

Augmentons le nombre de places d’accueil en crèche et garantissons progressivement leur gratuité

Nous voulons investir progressivement, mais massivement, dans l’accueil de la petite enfance pour atteindre, en 2030, un objectif prioritaire : une place de qualité pour toutes les familles demandeuses. Nous souhaitons également atteindre progressivement la gratuité de l’accueil afin d’instaurer un droit à la crèche similaire au droit à l’enseignement. Les premiers 1000 jours de vie d’un enfant sont cruciaux pour son développement. Si le principe de la gratuité de l’école a été sacralisé, il doit en être de même avec la petite enfance, premier maillon de la chaine éducative et d’épanouissement.

37.2%
Couverture moyenne en FWB en 2022 (les taux de couverture présentent de grandes disparités d’une région à l’autre, variant de 30,9% pour le Hainaut à 50,5% pour le BW).
45 591
Places d’accueil en FWB en 2022.
1383
Places d’accueil perdues entre 2019 et 2022.

Ce que nous proposons

La Fédération Wallonie-Bruxelles doit garantir, par un refinancement, une offre suffisante de places (via le public, l’associatif ou le privé).

Il faut commencer par soutenir les crèches subventionnées dont près d’un quart sont en déficit et menacent de fermer en réinjectant les 125 millions d’euros prévus sous la législature précédente dans la cadre de la réforme MILAC (milieux d’accueil). Régions et Communautés mobiliseront en outre le public, l’associatif et le privé pour un renforcement substantiel de la programmation de création de places, en veillant à ce que l’ensemble du territoire de Wallonie et de Bruxelles en bénéfice à hauteur de ses besoins. Le développement d’initiatives nouvelles, notamment les crèches en entreprise ou dans des pôles de mobilité tels que les gares, sera également encouragé. La qualité de l’accueil sera renforcée de sorte à atteindre le taux d’encadrement de 1,5 ETP pour 7 places prévu dans la réforme MILAC non mise en œuvre durant cette législature.

L’attractivité de la profession sera assurée grâce à une revalorisation salariale. Les formations seront harmonisées et le nouveau bachelier en Accueil et éducation du jeune enfant sera largement promu. Des campagnes d’informations seront lancées auprès des publics susceptibles d’opter pour les métiers de l’enfance dès la fin du tronc commun dans l’enseignement secondaire.

La gratuité de l’accueil sera élargie progressivement en ciblant en priorité les travailleurs à bas salaire. L’objectif est d’abord de doubler le nombre de places en crèches ou autres milieux d’accueil et de rendre progressivement ces places gratuites. Pour les parents aux revenus moyens et élevés, la charge financière sera allégée dans un premier temps grâce à un doublement de la déductibilité des frais de garde. La déductibilité passera à 31,4 €/jour (déductible à 45%). Pour un enfant allant à la crèche 220 jours/an, cela représente annuellement une économie de 1.540€ supplémentaire (128€/mois). Par ailleurs, il sera étudié d’accorder le statut familles nombreuses aux ménages dès 2 enfants au lieu de 3, en ce compris pour les familles recomposées.

Pourquoi ?

  • Les mille premiers jours de l’enfant, de sa naissance à ses trois ans, sont décisifs non seulement pour son développement, mais aussi pour la santé globale de l’adulte qu’il deviendra. Les études sont sans équivoque : un accès à un milieu d’accueil de qualité peut gommer une partie des inégalités et briser le cercle vicieux de la pauvreté ;
  • Trop d’enfants quittent la crèche dès deux ans et demi alors qu’ils ne sont pas prêts à aller à l’école uniquement pour des raisons financières. Cela n’est pas bon pour l’enfant et nuit à la qualité de l’accueil des autres enfants à l’école ;
  • Le manque de places est un obstacle important à la conciliation de la vie familiale et de la vie professionnelle. Des parents, trop souvent des femmes, ne sont pas en mesure de reprendre leur travail dans de bonnes conditions faute d’un accueil de qualité en suffisance. Cela renforce les discriminations sur le marché du travail ;
  • Il y va aussi de la vitalité sociale et économique de toute une communauté. Pour toutes ces raisons, le financement public de l’accueil de la petite enfance n’est jamais une dépense, mais toujours un investissement ;
  • Il manque 800 puéricultrices et accueillantes, et les inscriptions à la baisse dans les filières de formation sont inquiétantes. Un soutien au personnel des milieux d’accueil et un renforcement de l’attractivité de la profession sont donc indispensables.

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